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	<title>Ma boîte à plumes &#187; Le feuilleton du lundi</title>
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	<description>Un feuilleton et plein de chroniques</description>
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		<title>Les Enfants de mon chum (la suite)</title>
		<link>http://www.maboiteaplumes.com/2011/05/les-enfants-de-mon-chum-la-suite-24/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 May 2011 04:01:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
CHAPITRE DIX-SEPT – SOUPER EN AMOUREUX
Je lisais un magazine au salon quand Gérald rentra ce soir-là.
-	Salut, dit-il presque tout bas.
Je levai la tête. Il tenait dans les mains un bouquet de marguerites.
-	Salut, répondis-je en souriant.
-	Euh… ce matin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>CHAPITRE DIX-SEPT – SOUPER EN AMOUREUX</p>
<p>Je lisais un magazine au salon quand Gérald rentra ce soir-là.</p>
<p>-	Salut, dit-il presque tout bas.</p>
<p>Je levai la tête. Il tenait dans les mains un bouquet de marguerites.</p>
<p>-	Salut, répondis-je en souriant.</p>
<p>-	Euh… ce matin tu avais suggéré un souper en amoureux… alors… bien j’ai demandé à Germaine de garder Microbe… on ira le chercher plus tard…</p>
<p>Je souris.</p>
<p>-	Tu as déjà soupé?</p>
<p>-	Non, non, pas encore. </p>
<p>-	Alors, c’est oui?</p>
<p>Je me levai et allai l’embrasser.</p>
<p>-	On va d’abord mettre les fleurs dans un vase, ensuite je me poudre le nez et je suis prête.</p>
<p>-	J’ai réservé à la crêperie, ajouta-t-il, rassuré.</p>
<p>-	Excellent choix, répondis-je doucement. Tu as donc toujours ton cellulaire? demandai-je en me dirigeant vers la salle de bain.</p>
<p>-	Comment ça?</p>
<p>-	Morgane t’a téléphoné ce matin et tu n’as pas répondu.</p>
<p>-	oh…</p>
<p>-	Si t’as décidé de ne pas répondre parce que tu pensais que c’était moi, t’es pas mal bébé et tu t’es mis un doigt dans l’œil et l’autre dans les feuilles.</p>
<p>-	oh…</p>
<p>-	Ta fille avait besoin de toi, ajoutai-je en me donnant un coup de brosse.</p>
<p>-	C’est pas fort, ça, hein?</p>
<p>Ça n’était pas vraiment une question. Plutôt une affirmation. Il avait pris un air piteux.</p>
<p>-	Non certain, répondis-je calmement. C’est vraiment pas fort.</p>
<p>-	Les enfants sont ma priorité, tu le sais.</p>
<p>-	Prouve-le, ajoutai-je. Parce que là c’est moi qui suis allée la reconduire à l’école et je te signale que, comme tu l’as dit toi-même, je ne suis pas sa mère.</p>
<p>-	Un à zéro pour toi.</p>
<p>Je ris.</p>
<p>-	Euh… non, Monsieur, plutôt dix à zéro pour moi. Tu as perdu pas mal de points aujourd’hui.</p>
<p>-	Oh…</p>
<p>-	Hum.</p>
<p>-	Tu es fâchée, hein?</p>
<p>-	Non. Mais tu vas devoir te payer une bonne discussion de couple ET de parents parce que, que tu le veuilles ou non, j’ai mon rôle à jouer et j’ai ma place dans cette famille.</p>
<p>-	C’est pas tes enfants. Surtout Microbe.</p>
<p>-	Là, je t’arrête. Microbe, je remplace sa mère en ce moment et tu le sais. Microbe, c’est mon bébé.</p>
<p>-	En attendant seulement.</p>
<p>-	Depuis plusieurs mois.</p>
<p>-	Ouais. De toutes manières, celui-là, il faudrait le sortir de notre chambre parce que là…</p>
<p>-	Oh! que oui! </p>
<p>-	Tu veux que je l’envoie vivre chez Germaine?</p>
<p>-	T’es sourd ou quoi? Je viens de te dire que je remplace sa mère en ce moment. T’es bouché, là? Microbe et moi, c’est pour toujours! </p>
<p>-	T’es pas…</p>
<p>Je le coupai sèchement.</p>
<p>-	NON JE NE SUIS PAS SA MÈRE, JE LE SAIS!!! Mais en ce moment, dans les faits, dans la réalité, là, c’est moi sa mère. C’est moi qui le borde, qui le console, je suis sa référence. Il m’a choisie, tu comprends. Je l’ai adopté dans mon cœur. Et je m’en occuperai tant que sa mère ne pourra pas le faire.</p>
<p>-	Il a une tutrice.</p>
<p>-	Chipie a seulement 18 ans. </p>
<p>-	Elle l’adore.</p>
<p>-	Oui, mais c’est une ado. Elle a sa vie d’ado, ses études, ses amis. </p>
<p>-	Tu t’en mets trop sur les épaules.</p>
<p>Je m’approchai de lui et mit mes bras autour de son cou.</p>
<p>-	Tu ne m’écoutes pas, Gérald. Tu ne m’entends pas.</p>
<p>-	Quoi?</p>
<p>-	Je suis en train de te dire que ça me convient de vivre au milieu des enfants de mon chum, même si c’est bordélique. Je veux faire partie de cette famille.</p>
<p>-	T’es sérieuse?</p>
<p>Je l’embrassai.</p>
<p>-	Très sérieuse. Même que j’ai eu une idée.</p>
<p>-	Laquelle?</p>
<p>-	On devrait déménager. Tous.</p>
<p>-	On ne va pas s’acheter une maison, voyons. Mon ex va finir par guérir.</p>
<p>-	Qui a parlé d’acheter une maison?</p>
<p>-	Je ne te suis pas, là.</p>
<p>-	Mon chalet. </p>
<p>-	C’est loin en titi.</p>
<p>-	Pas si loin que ça. Et c’est grand. Tout le monde aurait sa chambre, même Olivia. Et nous surtout. On serait tous seuls dans notre grande chambre</p>
<p>-	C’est pas très moderne.</p>
<p>-	Justement. Les petits pourront jouer sans qu’on ait toujours peur qu’ils salissent ou cassent tout. C’est grand. Les plus vieilles pourront inviter leur chum ou leurs amis sans qu’on entende tout.</p>
<p>Il soupira.</p>
<p>-	Tu penses que c’est une bonne idée?</p>
<p>-	T’en as une meilleure, Monsieur l’agent d’immeuble?</p>
<p>Il m’embrassa. </p>
<p>-	Je t’aime, Annette.</p>
<p>-	Oh… une dernière chose. À partir de maintenant, tu réponds au téléphone quand ta famille t’appelle.</p>
<p>-	Promis. Je t’aime vraiment, tu sais.</p>
<p>-	Je sais, je suis irrésistible. On déménage quand?</p>
<p>Il rit.</p>
<p>-	Je suis certain que tu as déjà prévu la date, alors si on commençait par aller au restaurant? Si Madame a fini de se poudrer, bien sûr!</p>
<p>Je lui souris. Il me serra fort contre lui et éclata de rire.</p>
<p>-	Il y a de la grand-mère Annette en toi, tu le savais, ça?</p>
<p>Et c’est ainsi que se termine l’histoire de Les Enfants de mon chum. Ils ne se marièrent pas, n’eurent pas d’autres enfants et vécurent longtemps longtemps longtemps entourés d’enfants et du chat de Microbe. </p>
<p>LA FIN</p>
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		<title>Les Enfants de mon chum (la suite)</title>
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		<pubDate>Mon, 16 May 2011 04:01:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
Notre première vraie dispute. Je me laissai glisser contre le mur et m’assieds sur le sol. Morgane s’assieds près de moi.
-	Tu veux qu’on s’en aille…
-	Jamais de la vie.
-	T’es sûre?
J’eus une pensée pour Louis, mon « collègue sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>Notre première vraie dispute. Je me laissai glisser contre le mur et m’assieds sur le sol. Morgane s’assieds près de moi.</p>
<p>-	Tu veux qu’on s’en aille…</p>
<p>-	Jamais de la vie.</p>
<p>-	T’es sûre?</p>
<p>J’eus une pensée pour Louis, mon « collègue sans enfant ». Puis je hochai la tête.</p>
<p>-	Absolument certaine.</p>
<p>-	Comment tu fais pour endurer mon père?</p>
<p>Je ris.</p>
<p>-	C’est une vraie soie quand vous n’êtes pas là!</p>
<p>Elle fit la moue.</p>
<p>-	C’est pas si pire que ça, allez. Il vous adore. Personnellement, j’ai eu un père pas mal pire que le vôtre.</p>
<p>-	Ah… </p>
<p>Je remarquai qu’elle portait des bas non assortis.</p>
<p>-	Tu n’as pas trouvé de bas identiques?</p>
<p>-	Hein? Oh! ça… non, non, c’est la mode de porter des bas différents.</p>
<p>Je ris.</p>
<p>-	Moi qui croyais que la sécheuse avalait les bas parce que je ne trouvais jamais le deuxième de la paire!!!</p>
<p>Elle rit aussi et dit :</p>
<p>-	Des fois tu gosses, mais j’aime ça, habiter ici, même si c’est petit.</p>
<p>-	Je « gosse »?</p>
<p>-	Oui. Des fois tu me fais suer. Mais pas tout le temps.</p>
<p>Grosse consolation. Au moins elle était franche.</p>
<p>-	Quand, ça?</p>
<p>-	Ben j’sais pas. Quand tu chiales pour que je me ramasse. Quand tu sors mal arrangée.</p>
<p>Mal arrangée, moi?</p>
<p>-	Quand tu me pousses dans le dos pour que je me dépêche le matin.</p>
<p>Puis elle ajouta :</p>
<p>-	Mais j’aime quand même ça, ici. Par contre, c’est un peu trop petit. On devrait agrandir.</p>
<p>Je haussai les épaules. Et quoi d’autre, encore? </p>
<p>-	Alors on fait quoi, maintenant, Annette?</p>
<p>-	On n’agrandit pas, ça c’est certain. </p>
<p>-	Non, je veux dire… papa est parti fâché.</p>
<p>-	Ben… on ne fait rien pour le moment. </p>
<p>-	Qui va nous reconduire?</p>
<p>-	Microbe a dormi chez votre tante Germaine et Chipie, chez son chum… moi je vais aller travailler et toi tu vas aller à l’école en métro.</p>
<p>-	Y a un petit petit petit tout petit problème.</p>
<p>-	Lequel?</p>
<p>-	Mon père a oublié de renouveler ma passe de métro.</p>
<p>-	 Il paraît que t’es pas ma fille et que j’en fais trop. </p>
<p>-	Euh… oui… bon, je vais l’appeler.</p>
<p>Elle se leva et signala le numéro de son père. Au bout d’une minute, elle raccrocha.</p>
<p>-	Il ne répond pas.</p>
<p>Nous éclatâmes de rire toutes les deux.</p>
<p>-	Tu me reconduis ou tu me donnes de l’argent pour ma passe de métro? demanda-t-elle d’un ton moqueur. </p>
<p>-	T’es pas ma fille!</p>
<p>-	J’ai une idée! Tu appelles à l’école pour dire que je suis malade!</p>
<p>-	Je ne peux pas : t’es pas ma fille!</p>
<p>Elle revint s’assoir près de moi.</p>
<p>-	Bon, okay, je suis pas ta fille. Tans mieux, parce que t’es pas toujours drôle. Et comme je suis pas ta fille, je peux le dire. Mais bon. Disons que je suis une ado en détresse. Quelle femme sensée abandonnerait à son sort une pauvre petite adolescente en détresse, hein?</p>
<p>Je souris. </p>
<p>-	Bon, okay, je te reconduis.</p>
<p>-	Et je dois me changer?</p>
<p>Je réfléchis.</p>
<p>-	Vaudrait mieux. Ou bien mets une veste par-dessus.</p>
<p>-	Une veste? Ça va être trop laid!</p>
<p>-	Donne-nous une chance, Morgane, s’il te plaît. Si ton père te revois habillée comme ça en arrivant ce soir, on va recommencer à se disputer.</p>
<p>-	Ouin.</p>
<p>-	Tu pourrais peut-être porter une camisole en-dessous?</p>
<p>Elle grimaça.</p>
<p>-	Une écharpe?</p>
<p>Elle réfléchit.</p>
<p>-	Okay pour la veste.</p>
<p>-	Bien. Dépêche-toi, on va être en retard.</p>
<p>Elle leva les yeux au ciel et partit se changer. </p>
<p>-	N’oublie pas de te brosser les dents et de replacer le bouchon sur le tube de dentifrice!</p>
<p>-	Tu gosses! me cria-t-elle.</p>
<p>Je me levai, appelai au bureau pour dire que je serais un peu en retard et préparai mes affaires pour partir. </p>
<p>(à suivre)</p>
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		<title>Les Enfants de mon chum (la suite)</title>
		<link>http://www.maboiteaplumes.com/2011/05/les-enfants-de-mon-chum-la-suite-22/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 May 2011 04:01:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
CHAPITRE SEIZE – CHICANE DANS LA CABANE
Mes quelques minutes de flirt avec Louis m’avaient préoccupée plus que je l’aurais voulu. Je me trouvais tellement ridicule. Flirter à mon âge. Et dans ma situation!
Heureusement, après quelques jours, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>CHAPITRE SEIZE – CHICANE DANS LA CABANE</p>
<p>Mes quelques minutes de flirt avec Louis m’avaient préoccupée plus que je l’aurais voulu. Je me trouvais tellement ridicule. Flirter à mon âge. Et dans ma situation!</p>
<p>Heureusement, après quelques jours, je retrouvai ma sérénité et l’espoir que ma vie de couple retrouverait bientôt un peu de piquant. Je commençai à faire des plans dans ma tête. Peut-être pourrais-je vendre le piano et transformer ma salle de musique en chambre pour Microbe et Olivia? Comme ça nous aurions au moins un peu d’intimité dans la chambre, ce qui serait, ma foi, un excellent début. Et pourquoi pas prévoir des petits soupers en tête à tête avec mon amoureux, une fois de temps en temps? </p>
<p>Ce matin-là, je parlai à Gérald de ma nouvelle idée, tout en me lissant les cheveux avec le fer plat pour les empêcher de frisotter.</p>
<p>-	Qu’en penses-tu, un petit souper, juste nous deux?</p>
<p>-	Excellente suggestion! répondit-il en me donnant un baiser sur la nuque. On pourrait demander à Morgane de garder Microbe.</p>
<p>-	Oh! non, cria l’adolescente du fond de sa chambre, moi je ne garde plus! </p>
<p>Gérald la rejoignit pour la convaincre.</p>
<p>-	Allez, pas longtemps, juste le temps d’un souper.</p>
<p>Puis il changea de ton :</p>
<p>-	Tu n’iras pas à l’école comme ça, toi!</p>
<p>-	Ben là… toutes les filles s’habillent de même.</p>
<p>-	Quand bien même le monde entier s’habillerait de cette manière, il n’en est pas question. Tu vas te couvrir décemment.</p>
<p>-	Maman me laisse m’habiller comme je veux, elle!</p>
<p>-	Ça ne m’étonne pas! Mais tant que tu vis sous mon toit, tu m’obéis.</p>
<p>La méthode forte, bravo. Je décidai d’intervenir.</p>
<p>-	Qu’est-ce qui se passe?</p>
<p>-	Papa ne veut pas que je porte ce chandail, se plaignit Morgane.</p>
<p>-	C’est pas un chandail, c’est une camisole de strip-teaseuse, répondit Gérald.</p>
<p>Je jetai un œil sur Morgan. Elle portait un chandail mince, sans manche, décolleté dans le dos, qui me semblait assez standard pour une ado. C’est vrai que j’avais l’habitude de voir des jeunes filles porter des vêtements encore plus osés sur la rue Sainte-Catherine, l’été.</p>
<p>-	T’as l’air d’une dévergondée, renchérit maladroitement Gérald.</p>
<p>-	Franchement papa! dit Morgane.</p>
<p>-	T’exagères pas un peu, là, Gérald? suggérai-je.</p>
<p>-	Regarde la! On dirait qu’elle s’en va dans un bar.</p>
<p>-	Je le trouve très bien, moi, ce chandail, dis-je.</p>
<p>-	Tu vois! dit Morgane à son père.</p>
<p>Gérald se tourna vers moi, les sourcils froncés :</p>
<p>-	Annette, mêle-toi pas de ça, c’est pas ta fille!</p>
<p>J’explosai :</p>
<p>-	C’est sûr que c’est pas ma fille! C’est pas ma fille quand ça fait ton affaire! C’est pas ma fille, sauf quand t’es pas là pour faire le taxi, ramasser les dégâts, donner les bains, faire leur lavage, les aider à faire leurs devoirs!</p>
<p>-	Je ne t’ai jamais demandé ça!</p>
<p>Le ton commençait à monter.</p>
<p>-	Tu m’as jamais demandé ça?!? Et qui le fera, si je ne le fais pas, hein? Qui ira chercher Microbe à la garderie quand tu ne réponds pas au cellulaire! Qui s’occupera d’Olivia quand les jeunes n’en peuvent plus?!</p>
<p>-	T’as juste à ne pas le faire. Je ne t’ai rien demandé, moi. T’as juste à me laisser tout faire tout seul!</p>
<p>-	Tout faire tout seul! T’ES JAMAIS LÀ! Faut bien que quelqu’un s’en occupe, de TES enfants!</p>
<p>-	C’est pas mon problème si t’en fais trop! Je suis là quand il le faut!</p>
<p>-	Ah! oui?!? Où étais-tu quand Microbe et Olivia ont vidé la bouteille d’huile d’olive?!?</p>
<p>-	Il faut bien que je gagne ma vie! T’avais juste à demander à Morgane de le faire ou à attendre que j’arrive!</p>
<p>-	Ben oui! Laisser l’huile d’olive se répandre encore plus sur le plancher!!! Mon beau plancher tout neuf!!! </p>
<p>-	Morgane aurait très bien pu s’en occuper!</p>
<p>-	Morgane est une adolescente! Tu ne peux pas lui demander de te remplacer dans ton rôle de père!</p>
<p>-	Tu veux que je fasse quoi, Annette, HEIN??? Que j’arrête de travailler? Que j’engage une nounou? On n’a déjà pas assez de place pour les enfants et nous! Tu veux que je déménage, c’est ça? T’en as assez, des enfants!?!</p>
<p>Et il sortit en claquant la porte. </p>
<p>(à suivre)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les Enfants de mon chum (suite)</title>
		<link>http://www.maboiteaplumes.com/2011/05/les-enfants-de-mon-chum-la-suite-21/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 May 2011 04:01:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
CHAPITRE QUINZE – LE COLLÈGUE
-	Bon, alors c’est tout pour aujourd’hui, annonça mon patron. Bon lundi tout le monde. On se retrouve la semaine prochaine à la même heure. 
Quinze cartables se refermèrent à peu près en même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>CHAPITRE QUINZE – LE COLLÈGUE</p>
<p>-	Bon, alors c’est tout pour aujourd’hui, annonça mon patron. Bon lundi tout le monde. On se retrouve la semaine prochaine à la même heure. </p>
<p>Quinze cartables se refermèrent à peu près en même temps, tandis que M. Lacaille fils quittait la salle de réunion, l’air satisfait.</p>
<p>-	Passé une belle fin de semaine? me demanda Jasmine en passant près de moi. </p>
<p>-	Mmm. Et toi?</p>
<p>-	Super. Ski. Ski. Et ski. Les conditions étaient idéales. T’es libre pour diner?</p>
<p>Je déclinai son invitation. J’avais promis à Microbe de rentrer tôt pour l’emmener à l’hôpital voir sa maman, et pour ça je devais écourter mon heure de diner.</p>
<p>-	Les conjoints de fait font l’amour trois fois par semaine, selon les statistiques. Je te dis que le monde est menteur! dit une de mes collègues à une autre.</p>
<p>-	Qu’est-ce que t’en sais, t’es même pas mariée? lança Louis, mon plus jeune collègue, s’immisçant dans leur conversation.</p>
<p>-	Qu’est-ce que t’en penses, Annette? me demanda la première.</p>
<p>Je haussai les épaules. Trois fois par semaine, avec quatre enfants et un chum qui travaille le soir et les week-ends… je n’avais tout simplement pas envie de répondre à ça.</p>
<p>-	Tu vis en union de fait, toi, Annette? s’enquit Louis, l’air étonné.</p>
<p>-	Oui, pourquoi? J’ai pas l’air?</p>
<p>-	Non, non, je pensais que t’étais célibataire, c’est tout.</p>
<p>-	Je ne suis pas assez bien pour intéresser un gars?</p>
<p>Bon, ça y est, le retour du syndrôme prémenstruel.</p>
<p>-	J’ai jamais pensé ça, répondit-il, avec un regard qui me sembla plein de sous-entendu. Vous avez des enfants?</p>
<p>-	Moi non. Lui oui. </p>
<p>-	Quel âge?</p>
<p>-	Tous les âges. Ils sont quatre.</p>
<p>Il siffla.</p>
<p>-	Ça ne doit pas être facile, pour toi.</p>
<p>-	Comment ça?</p>
<p>-	Je dis ça comme ça, probablement parce que moi, les enfants, je serais pas capable. </p>
<p>-	T’es encore jeune.</p>
<p>-	Tu me donnes quel âge?</p>
<p>Je réalisai qu’il s’était rapproché et que nos autres collègues avaient quitté la pièce.</p>
<p>-	Euh… 30 ans?</p>
<p>-	32. Tu me feras pas croire que t’es plus vieille que moi.</p>
<p>Je fus flattée, même s’il était peu probable qu’il pense réellement ce qu’il venait de dire.</p>
<p>-	40. Je suis pas mal plus vieille que toi.</p>
<p>-	Je côtoie des filles de 30 ans qui ont l’air plus vieille que toi.</p>
<p>-	Vraiment?</p>
<p>-	Sûr.</p>
<p>-	Alors toi, tu n’as pas d’enfant?</p>
<p>Il sourit. Est-ce que j’étais en train de flirter, là? C’est sûr qu’un compliment comme celui-là d’un homme qui paraissait aussi bien que Louis, c’était flatteur. Jeune. Beau bonhomme. Pas d’enfant. Il ne pouvait de toute évidence pas s’intéresser à une fille de presque dix ans son aînée un peu enveloppée et pas particulièrement belle. Pas avec le physique qu’il avait. Il ne devait sûrement pas avoir de difficulté à rencontrer des filles, et je me dis qu’il devait simplement s’amuser avec moi. J’eus même un peu honte de m’être laissée aller à flirter avec lui. Je devais avoir l’air totalement ridicule.</p>
<p>-	Non, célibataire sans enfant.</p>
<p>Je ne savais pas quoi répondre à ça.</p>
<p>-	Faut croire que j’ai pas encore rencontré la bonne, ajouta-t-il.</p>
<p>-	C’est sûrement ça.  </p>
<p>Je fis mine de ramasser mes affaires et me levai pour quitter la salle de réunion.</p>
<p>-	Bon, bien, à lundi prochain à la réunion, Annette.</p>
<p>Quel sourire. Ce gars-là savait comment faire pour qu’une femme se sente belle. Je pensai à Gérald. Mon Gérald. Mon amour. Lui aussi savait. Du moins il avait su. Jusqu’à l’arrivée des quatre mousquetaires. Je regagnai mon bureau, songeuse.</p>
<p>(à suivre)</p>
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		<title>Les Enfants de mon chum (suite)</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Apr 2011 04:01:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
-	Bonsoir, Gérald est là?
C’était Ève. Je m’obligeai à lui sourire. 
-	Oui, oui, il s’est absenté une minute, entre. Morgan donne le bain à Olivia. Elle adore sa sœur. Ça ne sera pas long.
Elle entra, regarda mes mains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>-	Bonsoir, Gérald est là?</p>
<p>C’était Ève. Je m’obligeai à lui sourire. </p>
<p>-	Oui, oui, il s’est absenté une minute, entre. Morgan donne le bain à Olivia. Elle adore sa sœur. Ça ne sera pas long.</p>
<p>Elle entra, regarda mes mains et mes vêtements huileux :</p>
<p>-	Un problème?</p>
<p>-	Nan, une simple maladresse. Je peux tellement être maladroite, des fois, c’est fou, non?</p>
<p>-	Je sais, Gérald m’a dit.</p>
<p>-	Quoi?</p>
<p>-	Pour tes maladresses.</p>
<p>Ah! ben, maudit. Si seulement j’avais pu lui enlever son petit sourire provocateur! Je respirai. Je n’allais certainement pas répondre à ça, ça lui ferait trop plaisir. Et c’était probablement faux. Gérald lui parlait à peine. Il n’aurait jamais fait ça. Pas mon Gérald. Allez, Annette, fais une femme de toi.</p>
<p>-	Vraiment? Oh! Il n’a pas pu tout te raconter, il y en a trop! Mais comme dit Gérald, c’est ce qui fait mon charme.</p>
<p>Et vlan. Elle sourit. Mais jaune. Un à zéro pour moi.</p>
<p>Morgan arriva avec Olivia. Je les laissai et retournai à ma corvée de nettoyage. Ève dit encore quelques plateries et finit par partir.</p>
<p>Je sommeillais sur le divan, quand Gérald rentra. Microbe était déjà couché depuis longtemps, et Morgan s’était enfermée dans sa chambre.</p>
<p>-	Ça va? me demanda-t-il en s’approchant pour m’embrasser sur le front, tu as passé une belle soirée?</p>
<p>-	T’étais où, toi?</p>
<p>-	Une visite urgente d’un gros client. Tout va bien?</p>
<p>-	Je te raconterai ça demain, répondis-je en m’étirant.</p>
<p>-	Ça s’est bien passé entre Morgan et Ève?</p>
<p>-	Mmmm.</p>
<p>-	Penses-tu que 10 $, c’est raisonnable?</p>
<p>-	Raisonnable pour quoi?</p>
<p>-	Pour Morgan. Son salaire de gardienne.</p>
<p>-	Quoi, tu la payes en plus?</p>
<p>-	Ben oui, elle me rend service.</p>
<p>Je me sentis devenir rouge. Je me levai et arrangea ma jupe.</p>
<p>-	Ben là moi je veux être payée aussi! Parce que figure-toi donc que j’ai gardé Microbe, Olivia ET Morgan, ce soir!</p>
<p>Gérald grimaça. Je quittai la pièce et m’enfermai dans la salle de bain. Gérald me suivit.</p>
<p>-	Annette?</p>
<p>Je ne répondis pas.</p>
<p>-	Annette, tu es là?</p>
<p>Drôle de question. Je commençai à me démaquiller. Il frappa.</p>
<p>-	Réponds, Annette, s’il te plait. Qu’est-ce qui s’est encore passé?</p>
<p>-	Demain, Gérald. Je suis trop fatiguée, là.</p>
<p>-	Ouais, ben demain tu en profiteras pour me dire comment tu t’y prends pour toujours de disputer avec les filles!</p>
<p>J’allais ouvrir la porte et me lancer dans une vraie engueulade avec mon chum, quand j’entendis Morgan se lever et venir le rejoindre. J’allais avoir droit à une nouvelle séance de dévalorisation de la belle-mère, je le sentais. Eh! ben, pourquoi pas une engueulade à trois?!? </p>
<p>-	Papa, je ne veux plus garder Olivia, dit Morgan d’une voix larmoyante, elle est trop petite, elle fait des bêtises, et après Ève risque de se fâcher contre toi si je n’arrive pas à la surveiller comme il le faut. Si Annette n’avait pas été là…</p>
<p>Et elle lui raconta ce qui s’était passé. J’eus l’impression, à ce moment, que Morgan était la plus adulte de nous deux. J’eus honte d’avoir pensé provoquer une chicane à trois. Je repensai à ce que m’avait dit Jasmine. Les laisser se débrouiller. Est-ce que j’en avais encore trop fait? Est-ce que j’aurais dû laisser Morgan se débrouiller et Gérald apprendre, par Ève, qu’Olivia avait nagé dans l’huile d’olive? J’aurais pu rester dans le salon à écouter mes nouvelles, je le savais. Mais non, il avait fallu que je prenne en charge les opérations de sauvetage. Annette alias « Superman ». </p>
<p>Quand je sortis de la salle de bain, plusieurs minutes plus tard, Morgan était retournée dans sa chambre. Je me rendis dans la mienne et vis le 10 $ sur mon oreiller. Avec une petite note : « Merci. M. » « M » pour « Morgane ». Mon cœur se serra. La plus adulte de nous deux, c’était l’ado. Vraiment. Ce soir, en tous cas.</p>
<p>Gérald parlait tout seul dans le salon :</p>
<p>-	Morgan m’a raconté que tu avais été odieuse avec Annette. T’as pas changé, toi. T’as rien compris, hein? Tu m’emmènes Olivia pratiquement sans avis, je te dépanne et tu te permets d’insulter la femme que j’aime! </p>
<p>Je compris qu’il était au téléphone avec Ève. Et que Morgan avait tout raconté à son père en prenant ma défense et en blâmant Ève. C’était une bonne fille, après tout. Juste une ado. Et moi aussi, une ado. Une enfant. Un gros bébé, tiens.</p>
<p>J’étais émue, aussi, que Gérald prenne ma défense devant son ex. J’eus l’impression que nous formions, finalement, une vraie famille.</p>
<p>(à suivre)</p>
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		<title>Les Enfants de mon chum (suite)</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2011 04:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
Quand je rentrai chez moi, ce soir-là, Gérald se préparait à partir.
-	Où vas-tu? demandai-je. Je te demande ça, là, parce que je ne veux pas que tu comptes sur moi pour dépanner les filles aujourd’hui, hein? J’ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>Quand je rentrai chez moi, ce soir-là, Gérald se préparait à partir.</p>
<p>-	Où vas-tu? demandai-je. Je te demande ça, là, parce que je ne veux pas que tu comptes sur moi pour dépanner les filles aujourd’hui, hein? J’ai déjà donné, moi, tu le sais, hein?</p>
<p>-	De quoi tu parles, Annette? demanda-t-il en m’embrassant. Je ne t’ai jamais demandé de prendre soin des enfants, tu le sais bien. Je me débrouille comme un pro. Mets-toi en moins sur les épaules, et tout ira comme sur des roulettes.</p>
<p>-	Le souper est prêt?</p>
<p>-	Les enfants ont soupé, répondit-il en enfilant son manteau. Morgan donne le bain à Microbe et à Olivia.</p>
<p>-	Olivia est ici?</p>
<p>-	Oui, Ève m’a demandé de la dépanner pendant son rendez-vous chez le dentiste.</p>
<p>Il jeta un coup d’œil à sa montre : </p>
<p>-	Elle devrait venir la chercher d’une minute à l’autre, ne t’inquiète pas. Et puis Morgan s’en occupe. Fais comme si nous n’étions pas là, d’accord?</p>
<p>-	Morgan s’en occupe, t’es sûr?</p>
<p>-	Oui, oui. Il faut que je file. Il reste des spaghettis si tu as faim. On se voit ce soir!</p>
<p>Il attrapa sa valise et sortit à la course. </p>
<p>J’enlevai mon manteau, décidai que je laisserais Morgan ouvrir quand Ève viendrait récupérer Olivia, me préparai une assiette de sphaghettis et allumai la télé pour regarder les « nouvelles internationales » dans le salon, mon repas sur les genoux, comme dans le temps où j’étais célibataire.</p>
<p>J’étais si concentrée par les images à la télé, que je n’entendis pas Microbe s’approcher. Il posa ses petites mains sur mes yeux, et j’eus une sensation huileuse sur la peau.</p>
<p>-	Coucou! dit-il.</p>
<p>-	Microbe, qu’est-ce que tu as sur les mains? demandai-je en écartant ses menottes de mon visage.</p>
<p>-	J’ai peinturé avec Olivia! déclara-t-il fièrement.</p>
<p>-	Peinturé?</p>
<p>-	Le plancher.</p>
<p>Oh! non… Je lui sentis les mains. De l’huile d’olive. Qu’est-ce que c’était que ça? Je me levai d’un bon.</p>
<p>-	Où est Morgan? </p>
<p>-	Elle parle dans le téléphone.</p>
<p>-	Et Olivia? Où est Olivia?</p>
<p>-	Elle fait la peinture dans la cuisine.</p>
<p>Je courus à la cuisine et y trouvai Olivia, habillée d’un pyjama à pattes blanc à motifs de coccinelles. Elle était assise sur le plancher, dans une immense flaque d’huile d’olive, devant la porte d’armoire grande ouverte. Elle riait en frappant de ses petites mains huileuses le bocal d’huile d’olive renversé près d’elle.</p>
<p>-	Ouate de morse!!!</p>
<p>Je soulevai Olivia, dis à Microbe de nous accompagner dans la salle de bain et criai :</p>
<p>-	Morgan! Viens vite!</p>
<p>La jeune fille vint me rejoindre, mâchant de la gomme et traînant les pieds. Olivia s’était mise à pleurer.</p>
<p>-	Je suis au téléphone, dit-elle tout bas.</p>
<p>J’étais hors de moi. Je pris le téléphone et le fermai.</p>
<p>-	Eh! Qu’est-ce que tu fais! s’indigna-t-elle.</p>
<p>-	Toi tu laves Olivia et Microbe pendant que je nettoie le dégât dans la cuisine, dis-je en lui mettant Olivia dans les bras.</p>
<p>-	Moi je l’ai pris, mon bain, chigna Microbe.</p>
<p>Olivia pleurait toujours et je commençais à être vraiment énervée.</p>
<p>-	Ouache, se plaignit Morgan, c’est dégueulasse! Qu’est-ce que tu lui as fait!</p>
<p>-	Ève s’en vient, alors grouille-toi. Je ne veux pas qu’elle engueule Gérald parce que toi tu n’as pas surveillé les enfants comme tu devais le faire. Allez! Dans la salle de bain IM-MÉ-DIA-TE-MENT.</p>
<p>À ma grande surprise, elle cessa de rouspéter et obéit. Olivia pleurait de plus en plus fort. Je pris des guenilles et du détergent et entrepris de nettoyer la cuisine.</p>
<p>Quelques minutes plus tard, on sonna à la porte. J’avais encore les mains huileuses. Je respirai un grand coup, pris un torchon propre et l’utilisai pour ouvrir la porte.</p>
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		<title>Les Enfants de mon chum (suite)</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 04:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
CHAPITRE QATORZE – JOURNÉE DE CAFÉ ET HUILE D’OLIVE
-	Tu me fais rire! dit Jasmine quand je lui racontai mon aventure de chauffeuse de taxi avec Morgan, quelques jours plus tard.
-	Je ne vois vraiment pas ce qu’il y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>CHAPITRE QATORZE – JOURNÉE DE CAFÉ ET HUILE D’OLIVE</p>
<p>-	Tu me fais rire! dit Jasmine quand je lui racontai mon aventure de chauffeuse de taxi avec Morgan, quelques jours plus tard.</p>
<p>-	Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de drôle là-dedans! J’ai été manipulée. Rien de moins.</p>
<p>-	Tu prends tellement tout « personnel », ma vieille!</p>
<p>-	Ben là! Elle m’a manipulée et, en plus, elle a été carrément méchante avec moi.</p>
<p>-	Manipulée, je suis d’accord. Mais toutes les ados font ça. Elles cherchent le moyen le plus rapide de parvenir à leurs fins. Et tant que tu ne leur dis pas « non », elles repoussent les limites. C’est ça, être adolescente.</p>
<p>-	Dire non, dire non, c’est facile, encore de dire non quand elle te raconte qu’elle a promis à sa mère.</p>
<p>-	Et en quoi ça te concerne, dis-moi, qu’elle ait fait une promesse à sa mère? C’est pas toi, sa mère. C’est son problème à elle. Si tu l’avais laissée se débrouiller, elle aurait appris à mieux planifier ses affaires la prochaine fois.</p>
<p>-	Je voulais l’aider, moi!</p>
<p>-	Oui bien tu lui as nui, ma vieille. Il faut les laisser se débrouiller. C’est comme ça qu’ils apprennent.</p>
<p>-	Ciboulette que t’es plate!</p>
<p>Elle rit et prit une gorgée du café qu’elle avait déposé sur ma table de travail.</p>
<p>-	Pis arrête de m’appeler ta vieille! On voit bien que t’as pas d’enfants!</p>
<p>Elle s’étouffa de rire et le café qu’elle n’avait pas encore avalé se répandit en jet sur mes dossiers éparpillés sur la table de travail.</p>
<p>-	Jasmine! soupirai-je.</p>
<p>Je pris des mouchoirs pour essayer d’éponger le café. Jasmine s’excusait, ou s’expliquait, je ne savais pas… elle riait tellement que je ne comprenais pas un mot de ce qu’elle essayait de me dire. Elle finit par sortir de mon bureau en courant, revint avec du papier absorbant et m’aida à nettoyer les dégâts.</p>
<p>-	Qu’est-ce qui se passe, ici? demanda un collègue en poussant la porte entrouverte, on vous entend rire jusque dans le couloir!</p>
<p>Avant que j’aie eu le temps de répondre, Jasmine dit, toujours en rigolant :</p>
<p>-	Oh! rien, c’est Annette qui pense me vexer en me lançant une phrase qui la fait sortir de ses gonds quand on la lui dit. Alors j’en ai renversé mon café! </p>
<p>-	Quelle phrase? demanda le collègue, amusé.</p>
<p>-	On voit bien que tu n’as pas d’enfants, répétai-je, bougonne.</p>
<p>Le collègue rit avec Jasmine et quitta la pièce.</p>
<p>-	Tu devrais peut-être te lancer dans une carrière de psychologue, dis-je avec humeur.</p>
<p>Jasmine se calma.</p>
<p>-	Désolée, Annette, mais c’est trop drôle. Moi, des enfants, j’en n’ai jamais voulu.</p>
<p>-	Moi non plus.</p>
<p>-	Jusqu’à maintenant, Annette, seulement jusqu’à maintenant. </p>
<p>Je figeai sur place. </p>
<p>-	J’ai pas raison, Annette?</p>
<p>Je ne répondis pas. Jasmine sourit et suggéra :</p>
<p>-	Prends donc congé de tes ados, ce soir, et laisse-les donc se débrouiller. Prends soin de toi, à la place. Après tout, ils ont un père.</p>
<p>-	C’est sûr que je ne la dépannerai pas de sitôt, la belle Morgan, en tous cas.</p>
<p>Du moins, c’est ce que je croyais.</p>
<p>(à suivre</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les Enfants de mon chum (la suite)</title>
		<link>http://www.maboiteaplumes.com/2011/04/les-enfants-de-mon-chum-la-suite-20/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 04:01:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
CHAPITRE TREIZE – CHAUFFEUSE DE TAXI
Ce soir-là, j’avais quitté le travail plus tôt qu’à l’habitude. J’étais allée m’entraîner au gym, étais passé me chercher un bon roman à la bibliothèque municipale et m’étais hâtée de rentrer. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>CHAPITRE TREIZE – CHAUFFEUSE DE TAXI</p>
<p>Ce soir-là, j’avais quitté le travail plus tôt qu’à l’habitude. J’étais allée m’entraîner au gym, étais passé me chercher un bon roman à la bibliothèque municipale et m’étais hâtée de rentrer. Le condo était vide. Microbe était à son cours de natation avec Chipie, Morgan terminait un travail de fin d’étape chez une copine et Gérald finalisait une vente chez le notaire. Je me promettais un bon bain chaud débordant de bulles.</p>
<p>Je me déshabillai et enfilai une robe de chambre en ratine et chaussai mes grosses pantoufles mauves de matante. Je fis couler le bain, me sortis un petit cabaret multicolore et y déposai un gros morceau de Cheddar vieilli 7 ans, un verre de vin et mon tout nouveau roman. Je savourais déjà l’heure à venir, lorsque le téléphone sonna. J’hésitai. Il n’y a pas si longtemps, j’aurais laissé sonner. Mais maintenant que les enfants habitaient ici, j’avais perdu beaucoup d’insouciance et acquis un nouvel instinct quasi-maternel. Je soupirai et décrochai. C’était Morgan.</p>
<p>-	Est-ce que mon père est là? Il ne répond pas au cellulaire.</p>
<p>-	Non, Morgan, il n’est pas ici.</p>
<p>-	Il arrive bientôt?</p>
<p>-	Je ne crois pas, dis-je en jetant un coup d’œil à ma montre. À l’heure qu’il est, il est sûrement encore chez le notaire avec son client.</p>
<p>-	J’ai appelé son cellulaire et il ne répond pas!</p>
<p>-	Laisse-lui un message, il va te rappeler dès qu’il pourra.</p>
<p>-	Mais il faut qu’il vienne me chercher chez ma copine.</p>
<p>-	Il ira dès qu’il aura terminé.</p>
<p>-	J’ai besoin de lui maintenant! </p>
<p>-	Si c’est si urgent, prends le métro.</p>
<p>-	Non, je ne peux pas, j’ai trop de livres à transporter.</p>
<p>Je soupirai.</p>
<p>-	Je suis certaine qu’il va te téléphoner dès qu’il sera libre.</p>
<p>-	Tu ne comprends pas, dit-elle en reniflant. On doit absolument finir ce travail. C’est urgent! L’ordinateur ne fonctionne plus chez ma copine, alors on veut aller travailler chez nous, mais on a plein de cartables et de livres à transporter, on ne peut pas prendre le métro! C’est horrible! Je vais couler! Déjà que ma moyenne est faible en Histoire! C’est sûr que je vais couler. Et j’ai promis à ma mère…</p>
<p>-	Quoi, Morgan? Qu’est-ce que tu as promis à ta mère?</p>
<p>Elle se mit à sangloter.</p>
<p>-	J’ai promis à ma mère que je travaillerais plus fort en Histoire et que je remonterais ma moyenne! Et là je vais encore couler et…</p>
<p>-	Je suis sûre que Gérald arrivera bientôt, ne te décourage pas.</p>
<p>Elle renifla.</p>
<p>-	Allez, Morgan, ça va s’arranger.</p>
<p>Elle soupira et dit :</p>
<p>-	Tu es occupée, là, Annette?</p>
<p>Ah! non… elle n’allait quand même pas…</p>
<p>-	Tu viendrais pas me chercher? S’il te plaît, Annette, c’est vraiment urgent…</p>
<p>Je m’apprêtais à refuser quand elle renifla de nouveau. Et encore. Je soupirai très fort.</p>
<p>-	Je ferai la vaisselle demain, dit-elle. </p>
<p>Misère.</p>
<p>-	Toute la semaine. Je ferai la vaisselle toute la semaine.</p>
<p>Je me grattai la nuque, soupirai de nouveau et lui demandai à contrecœur :</p>
<p>-	Elle habite où, ta copine?</p>
<p>-	MERCI! MERCI! MERCI ANNETTE! OH! MERCI! Dans l’Est. Attends, je demande l’adresse exacte.</p>
<p>Comment est-ce que j’avais pu accepter une idée pareille, me demandai-je en enfilant un manteau court par-dessus ma robe de chambre. Je ne trouvai pas mes bottes et décidai d’y aller en pantoufles. Après tout, il n’y avait pas trop de neige dehors et les chauffeurs de taxi ne sortent pas de la voiture quand ils vont chercher un client. J’avais l’intention de faire comme eux. Je n’irais sûrement pas me faire geler en allant sonner. Les filles viendraient me rejoindre dans la voiture et personne ne verrait mon ridicule accoutrement. Je ramassai mon sac à main et sortit.</p>
<p>La copine habitait à environ 30 minutes de chez nous mais, heureusement, il n’y avait pas trop de trafic. Je stationnai la voiture devant la maison et attendis. Cinq minutes. Dix minutes. Je signalai le numéro de cellulaire de Morgan. Une voix nasillarde me répondit :</p>
<p>-	L’abonné que vous essayez de joindre n’est pas disponible. Veuillez rappeler un peu plus tard.</p>
<p>Un travail urgent, hein? Je commençai à avoir l’impression de m’être fait avoir. J’attendis encore cinq minutes, puis je sortis de la voiture et me dirigeai vers la porte d’entrée d’un pas décidé, en pantoufles dans la neige, la robe de chambre dépassant du manteau et la sacoche au bout du bras. Je sonnai. La dame qui m’ouvrit et que je supposai être la mère de la copine me regarda d’un air stupéfait. Au fond de la pièce, j’entrevis Morgan et sa copine qui s’habillaient en rigolant. On était loin de la jeune fille en sanglots qui m’avait téléphoné une demi-heure plus tôt. J’expliquai que je venais chercher les filles et entrai. Quand Morgan me vit, elle cessa de rire net et dit :</p>
<p>-	Oh! mon Dieu… ta figure…</p>
<p>Je me rappelai m’être appliqué un masque d’argile sur le visage avant d’avoir fait couler mon bain. Et bien sûr, j’avais oublié de le rincer avant de partir…</p>
<p>-	Tu m’avais dit que c’était urgent, alors…</p>
<p>La copine et sa mère éclatèrent de rire. Morgan ramassa ses affaires et me chuchota en passant près de moi :</p>
<p>-	J’ai tellement trop honte&#8230;</p>
<p>On m&#8217;y reprendrait à rendre service!</p>
<p>(à suivre)</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Les Enfants de mon chum (la suite)</title>
		<link>http://www.maboiteaplumes.com/2011/03/les-enfants-de-mon-chum-la-suite-19/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Mar 2011 04:01:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
Je sentis le chat se frotter contre mes jambes. Morgan vint me rejoindre dans la cuisine avec son sac d’école.
-	Es-tu bonne en Sciences?
-	Euh… ça dépend. J’étais pas pire quand j’avais ton âge.
-	Ça fait longtemps.
Charmant. Est-ce qu’elle le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>Je sentis le chat se frotter contre mes jambes. Morgan vint me rejoindre dans la cuisine avec son sac d’école.</p>
<p>-	Es-tu bonne en Sciences?</p>
<p>-	Euh… ça dépend. J’étais pas pire quand j’avais ton âge.</p>
<p>-	Ça fait longtemps.</p>
<p>Charmant. Est-ce qu’elle le faisait exprès d’être désagréable?</p>
<p>-	J’ai de la misère à rédiger mon rapport de labo, continua-t-elle. C’est tout croche. Voudrais-tu m’aider?</p>
<p>Finalement, peut-être qu’elle ne le faisait pas exprès.</p>
<p>-	Je peux regarder. C’est quoi, ton expérience?</p>
<p>Elle sortit son devoir du sac d’école. Je m’approchai.</p>
<p>-	On a évalué les capacités nettoyantes du Coca Cola sur du sang animal.</p>
<p>-	Ouache.</p>
<p>-	Tu peux le dire!</p>
<p>-	Montre-moi ça.</p>
<p>Elle me tendit son rapport. Je jetai un coup d’œil.</p>
<p>-	Annette?</p>
<p>Je levai la tête.</p>
<p>-	Est-ce que je peux emmener une amie?</p>
<p>-	Quoi?</p>
<p>-	Au Centre Bell. Est-ce que je peux emmener une amie?</p>
<p>Un de plus, un de moins. Et déjà qu’on emmenait le chum…</p>
<p>-	D’accord.</p>
<p>Elle sourit.</p>
<p>-	À quelle heure on irait la chercher?</p>
<p>-	Euh…</p>
<p>-	Ses parents travaillent, il faut aller la chercher.</p>
<p>-	Elle ne peut pas prendre le métro?</p>
<p>-	Non, le métro ne se rend pas à Sainte-Thérèse.</p>
<p>-	Sainte-Thérèse? C’est un peu loin.</p>
<p>-	J’ai téléphoné à toutes mes amies, et aucune autre ne peut venir. Toute seule, ça va être plate. Chipie a son chum, elle…</p>
<p>Elle avait téléphoné à toutes ses amies AVANT de me demander l’autorisation?!? Bravo… Okay, du calme, me dis-je.</p>
<p>-	Bon, d’accord, j’irai la chercher après le travail.</p>
<p>-	Mais tu ne la connais pas. Vaudrait mieux que tu viennes me chercher la première, et ensuite on ira la chercher ensemble.</p>
<p>Là, ça devenait compliqué. À moins que je parte plus tôt du bureau?</p>
<p>-	À moins qu’elle prenne l’autobus avec moi, le soir, mais là il faudrait que tu appelles à la commission scolaire pour demander l’autorisation.</p>
<p>-	Pourquoi ne demandes-tu pas au chauffeur.</p>
<p>-	Il est bête. Il dit toujours « non », et pourtant il y a plein de sièges de libres dans mon autobus.</p>
<p>-	Sa mère ne peut pas téléphoner?</p>
<p>-	Elle n’a pas le temps.</p>
<p>Et moi, j’ai le temps peut-être? Ciboulette&#8230; J’étais partagée entre mon désir de faire un succès de cette sortie en famille et l’impression d’être manipulée.</p>
<p>-	Bon d’accord, je vais le faire.</p>
<p>-	Et crois-tu qu’elle pourrait dormir ici après, parce que son père travaille le soir et sa mère n’a pas de voiture, alors elle ne pourra pas retourner chez elle?</p>
<p>Je me sentis comme coincée dans une spirale sans fin, ficelée comme un saucisson. À chaque nouvelle autorisation que je donnais, une nouvelle demande survenait. </p>
<p>-	Chipie a le droit d’inviter son chum à dormir, elle?</p>
<p>-	Oui, mais là ça commence à faire pas mal de monde.</p>
<p>-	S’il te plaît, allez?</p>
<p>-	Bon, d’accord, mais là tu ne me demandes plus rien. On le regarde, ce rapport de laboratoire?</p>
<p>-	Merci, t’es fine!</p>
<p>Ça, pour être fine, j’étais fine. Jamais ma grand-mère Annette ne se serait fait prendre dans un gamique pareille. Je soupirai. J’essayerais d’être plus rusée la prochaine fois. Si prochaine fois il y avait, bien sûr.</p>
<p>Le grand soir, Gérald vint me rejoindre avec les cinq enfants (y compris le chum et l’amie) à l’entrée du Centre Bell, qui se trouvait à quelques rues de mon lieu de travail. Tout le monde avait l’air de bonne humeur et je me dis que, finalement, tout se passerait peut-être bien. Microbe se rua sur Youpi et Gérald prit au moins une vingtaine de photos. Il photographia également les filles sur la glace, au désespoir de celles-ci. Je commençai à me détendre et à profiter du moment présent.</p>
<p>Au bout d’une heure, je vis Gérald prendre son cellulaire. Bordel… Après quelques minutes, il m’annonça qu’une vente rapportant gros allait probablement se conclure le soir même et qu’il devait aller rejoindre son client. </p>
<p>-	Tu ne m’en veux pas trop, Annette?</p>
<p>J’étais au désespoir, mais je le cachai pour ne pas le décevoir. Après tout, ce n’était quand même pas sa faute, et puis le travail, c’est la survie. Il fallait bien payer les comptes!</p>
<p>-	Ben non, je comprends, dis-je.</p>
<p>-	Je te laisse la voiture, je vais prendre un taxi. Comme ça tu pourras ramener les filles.</p>
<p>Il m’embrassa sur le front (signe qu’il se sentait coupable) et fila. Dix minutes plus tard, à peine, Chipie vint m’annoncer qu’elle allait quitter avec le chum pour sortir avec des amis, et je vis Morgan enlever ses patins pour aller s’assoir dans les estrades avec son amie. Je compris qu’elle allait probablement quitter bientôt, elle aussi, maintenant que le papa n’était plus là.</p>
<p>Je vis Jasmine sur la glace, avec ses neveux. Elle avait l’air de bien s’amuser.</p>
<p>-	Tu veux qu’on rejoigne Jasmine, demandai-je à Microbe?</p>
<p>Erreur. Ne pas poser la question, imposer plutôt. Sinon il arrive ce qui m’arriva :</p>
<p>-	Moi je veux une frite.</p>
<p>Eurk. Ça voulait qu’il fallait quitter la glace, retourner dans le vestiaire enlever nos patins, remettre nos chaussures et faire la file à un des petits restaurants. Ce que nous fîmes. Sauf que je demandai à Microbe de s’assoir dans les estrades pendant que je faisais la file. Quand je revins avec la frite, il s’était endormi. Je m’assieds près de lui et, de dépit, engouffrai la frite. Tant pis pour mon régime. Je grossirais, c’est tout. Et je pourrais rouler et rouler en me couvrant de neige jusqu’à la maison, jusqu’à ce que je devienne un gros bonhomme de neige sans aucun souci ni responsabilité. Ni frustration. </p>
<p>Vive les sorties en famille!</p>
<p>J’allai me chercher une deuxième frite. Au moins, la musique était bonne.</p>
<p>(à suivre)</p>
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		<title>Les Enfants de mon chum (la suite)</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Mar 2011 04:01:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joan Durand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le feuilleton du lundi]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
CHAPITRE DOUZE – COMME UNE VRAIE FAMILLE
Je profitai du fait que tout le monde (même le chum de Chipie qui passait maintenant le plus clair de son temps chez nous comme si rien ne s’était passé et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif<br />
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.</p>
<p>CHAPITRE DOUZE – COMME UNE VRAIE FAMILLE</p>
<p>Je profitai du fait que tout le monde (même le chum de Chipie qui passait maintenant le plus clair de son temps chez nous comme si rien ne s’était passé et comme s’il n’avait pas de maison ni de parents) était rassemblé autour de mon fameux poulet rôti pour relancer l’idée du patin.</p>
<p>-	Alors, j’inscris combien de personnes pour la soirée de patinage au Centre Bell?</p>
<p>-	Moi moi moi! cria Microbe la bouche pleine. J’en ai des patins, moi!</p>
<p>-	Tout le monde va y aller, décréta Gérald. Ça va nous faire du bien de faire quelque chose tout le monde ensemble. C’est une très bonne idée, Annette.</p>
<p>Le chum haussa les épaules :</p>
<p>-	Okay pour moi.</p>
<p>Je m’apprêtai à lui souligner que l’invitation visait seulement la « famille », lorsque Gérald acquiesça :</p>
<p>-	Excellent, plus on est de fous, plus on rit.</p>
<p>-	Moi j’ai pas de patins, dit Morgan, la tête dans son assiette. </p>
<p>-	Toi, si t’as pas de patins, répondit Gérald du tac au tac, ta mère me doit des centaines de dollars en équipement et en cours de patinage artistique. </p>
<p>Morgan soupira.</p>
<p>-	Arrête ça, ajouta Gérald, j’ai dit que tout le monde y allait, y compris toi, Mademoiselle. </p>
<p>-	Ils sont chez maman, dit Morgan.</p>
<p>-	J’appelle ta tante Germaine pour qu’elle nous ouvre, répondit Gérald.</p>
<p>-	Ils ne sont pas aiguisés.</p>
<p>-	Ça va me faire plaisir de m’occuper de ça. Chipie, tu viens aussi.</p>
<p>-	Je sais pas, répondit l’autre en levant les yeux au ciel.</p>
<p>Ça s’annonçait plutôt mal. Je soupirai. Gérald me tapota le genou sous la table :</p>
<p>-	J’ai dit que tout le monde vient. Ça va être génial, cette soirée, n’est-ce pas Annette? Pis le sport, c’est la santé. Alors c’est réglé.</p>
<p>Je lui souris. Heureusement, Microbe détendit l’atmosphère avec son million de questions :</p>
<p>-	Est-ce que je peux voir Youpi? Pis avoir un chandail de Kostitsyn? Pis compter des buts? </p>
<p>-	Youpi va être là, répondis-je.</p>
<p>-	Il faut que tu m’achètes un chandail des Canadiens, hein Annette?</p>
<p>-	Euh… c’est trop cher.</p>
<p>-	Mais non! Je peux pas y aller pas de chandail. À la garderie mon ami il a le chandail de Kostitsyn.</p>
<p>-	C’est quoi, ça, le chandail de costitine?</p>
<p>-	Kostitsyn, répondit Chipie d’un petit ton méprisant, tandis que le chum se tordait de rire, c’est un joueur des Canadiens.</p>
<p>-	Tu connais pas Kostitsyn? demanda Microbe tout étonné.</p>
<p>-	Ben non, répondit Gérald gaiement, c’est pour ça qu’on l’emmène au Centre Bell! On va lui apprendre plein de choses sur le hockey, à notre Annette.</p>
<p>-	Moi je sais tous les noms des joueurs du Canadien, dit fièrement Microbe. Tu veux que je te les dise, Annette?</p>
<p>-	Pitié, chuchota Chipie tandis que je souris pour encourager Microbe.</p>
<p>-	Vas-y Microbe, dit Gérald. Si tu les as tous tu pourras avoir un beau dessert.</p>
<p>-	Il aura du dessert de toutes façons, marmonna Chipie pendant que son jeune frère s’appliquait à énumérer le nom des joueurs.</p>
<p>Après le souper, tandis que je m’installai à la cuisinière pour préparer le souper du lendemain, Gérald prit place dans son fauteuil devant la télé pour écouter les nouvelles du sport. Microbe le rejoignit, grimpa sur ses genoux et appuya la tête sur sa poitrine. Gérald lui ébouriffa les cheveux affectueusement.</p>
<p>-	Tu vas pas vendre une maison aujourd’hui?</p>
<p>-	Non, pas ce soir.</p>
<p>-	Je veux écouter les nouvelles moi aussi. Ils vont dire le hockey, hein?</p>
<p>-	C’est sûr, ça.</p>
<p>-	Et aussi la boxe?</p>
<p>-	Oui, aussi la boxe.</p>
<p>Je découvrais ce soir un nouveau Gérald. Un père de petit garçon. Bien sûr, Microbe n’était pas le fils de Gérald et, au début, il ne s’était pas intéressé du tout à ce petit bonhomme turbulent. Mais le charme du petit bonhomme faisait son œuvre, et peu à peu chacun adoptait l’autre comme si ça répondait à un besoin. Mon petit Microbe qui grandissait entouré de femmes avait besoin de ce grand gars costaud dans sa vie, et je soupçonnai que le petit bonhomme remplissait un vide dans la vie de Gérald qui n’avait pas eu de fils. Je me dis que le père, pour l’enfant, n’est pas nécessairement celui qui lui a donné la vie, mais celui qui l’aime et qui est là. Je me dis, surtout, que le père est nécessaire. Ce soir, ce n’était pas de moi dont Microbe avait besoin, ni de ses sœurs et de nos soins maternels. Mais de la présence de Gérald et de ses larges épaules.</p>
<p>(à suivre)</p>
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