Les Enfants de mon chum (la suite)
Publié dans Le feuilleton du lundi à 05/23/2011 12:01 par Joan DurandSuite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
CHAPITRE DIX-SEPT – SOUPER EN AMOUREUX
Je lisais un magazine au salon quand Gérald rentra ce soir-là.
- Salut, dit-il presque tout bas.
Je levai la tête. Il tenait dans les mains un bouquet de marguerites.
- Salut, répondis-je en souriant.
- Euh… ce matin tu avais suggéré un souper en amoureux… alors… bien j’ai demandé à Germaine de garder Microbe… on ira le chercher plus tard…
Je souris.
- Tu as déjà soupé?
- Non, non, pas encore.
- Alors, c’est oui?
Je me levai et allai l’embrasser.
- On va d’abord mettre les fleurs dans un vase, ensuite je me poudre le nez et je suis prête.
- J’ai réservé à la crêperie, ajouta-t-il, rassuré.
- Excellent choix, répondis-je doucement. Tu as donc toujours ton cellulaire? demandai-je en me dirigeant vers la salle de bain.
- Comment ça?
- Morgane t’a téléphoné ce matin et tu n’as pas répondu.
- oh…
- Si t’as décidé de ne pas répondre parce que tu pensais que c’était moi, t’es pas mal bébé et tu t’es mis un doigt dans l’œil et l’autre dans les feuilles.
- oh…
- Ta fille avait besoin de toi, ajoutai-je en me donnant un coup de brosse.
- C’est pas fort, ça, hein?
Ça n’était pas vraiment une question. Plutôt une affirmation. Il avait pris un air piteux.
- Non certain, répondis-je calmement. C’est vraiment pas fort.
- Les enfants sont ma priorité, tu le sais.
- Prouve-le, ajoutai-je. Parce que là c’est moi qui suis allée la reconduire à l’école et je te signale que, comme tu l’as dit toi-même, je ne suis pas sa mère.
- Un à zéro pour toi.
Je ris.
- Euh… non, Monsieur, plutôt dix à zéro pour moi. Tu as perdu pas mal de points aujourd’hui.
- Oh…
- Hum.
- Tu es fâchée, hein?
- Non. Mais tu vas devoir te payer une bonne discussion de couple ET de parents parce que, que tu le veuilles ou non, j’ai mon rôle à jouer et j’ai ma place dans cette famille.
- C’est pas tes enfants. Surtout Microbe.
- Là, je t’arrête. Microbe, je remplace sa mère en ce moment et tu le sais. Microbe, c’est mon bébé.
- En attendant seulement.
- Depuis plusieurs mois.
- Ouais. De toutes manières, celui-là, il faudrait le sortir de notre chambre parce que là…
- Oh! que oui!
- Tu veux que je l’envoie vivre chez Germaine?
- T’es sourd ou quoi? Je viens de te dire que je remplace sa mère en ce moment. T’es bouché, là? Microbe et moi, c’est pour toujours!
- T’es pas…
Je le coupai sèchement.
- NON JE NE SUIS PAS SA MÈRE, JE LE SAIS!!! Mais en ce moment, dans les faits, dans la réalité, là, c’est moi sa mère. C’est moi qui le borde, qui le console, je suis sa référence. Il m’a choisie, tu comprends. Je l’ai adopté dans mon cœur. Et je m’en occuperai tant que sa mère ne pourra pas le faire.
- Il a une tutrice.
- Chipie a seulement 18 ans.
- Elle l’adore.
- Oui, mais c’est une ado. Elle a sa vie d’ado, ses études, ses amis.
- Tu t’en mets trop sur les épaules.
Je m’approchai de lui et mit mes bras autour de son cou.
- Tu ne m’écoutes pas, Gérald. Tu ne m’entends pas.
- Quoi?
- Je suis en train de te dire que ça me convient de vivre au milieu des enfants de mon chum, même si c’est bordélique. Je veux faire partie de cette famille.
- T’es sérieuse?
Je l’embrassai.
- Très sérieuse. Même que j’ai eu une idée.
- Laquelle?
- On devrait déménager. Tous.
- On ne va pas s’acheter une maison, voyons. Mon ex va finir par guérir.
- Qui a parlé d’acheter une maison?
- Je ne te suis pas, là.
- Mon chalet.
- C’est loin en titi.
- Pas si loin que ça. Et c’est grand. Tout le monde aurait sa chambre, même Olivia. Et nous surtout. On serait tous seuls dans notre grande chambre
- C’est pas très moderne.
- Justement. Les petits pourront jouer sans qu’on ait toujours peur qu’ils salissent ou cassent tout. C’est grand. Les plus vieilles pourront inviter leur chum ou leurs amis sans qu’on entende tout.
Il soupira.
- Tu penses que c’est une bonne idée?
- T’en as une meilleure, Monsieur l’agent d’immeuble?
Il m’embrassa.
- Je t’aime, Annette.
- Oh… une dernière chose. À partir de maintenant, tu réponds au téléphone quand ta famille t’appelle.
- Promis. Je t’aime vraiment, tu sais.
- Je sais, je suis irrésistible. On déménage quand?
Il rit.
- Je suis certain que tu as déjà prévu la date, alors si on commençait par aller au restaurant? Si Madame a fini de se poudrer, bien sûr!
Je lui souris. Il me serra fort contre lui et éclata de rire.
- Il y a de la grand-mère Annette en toi, tu le savais, ça?
Et c’est ainsi que se termine l’histoire de Les Enfants de mon chum. Ils ne se marièrent pas, n’eurent pas d’autres enfants et vécurent longtemps longtemps longtemps entourés d’enfants et du chat de Microbe.
LA FIN