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Aux nostalgiques des Enfants de mon chum

J’ai mis fin à l’écriture du roman parce que mon cœur et ma tête, submergés d’émotions contradictoires, n’entendaient plus mes personnages.

Ce matin, j’ai eu une belle surprise. Dans le tapage de toutes les voix de mon présent et de mon passé, dans le chaos de mes souvenirs et de mes peurs pour l’avenir, j’ai entendu en sourdine la voix de Microbe.

Ça m’a donné l’espoir que tout le petit monde des Enfants de mon chum reprenne vie un jour, peut-être bientôt. Qui sait ce que me réserve l’avenir?

 

Les Enfants de mon chum (suite et fin)

Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence

CHAPITRE NEUF
LA RUPTURE

Le mois qui suivit fut déterminant dans ma vie de couple avec Gérald. Quand je dis « vie de couple », je fais allusion à ce qui en restait, bien sûr. Parce des moments de couple, seuls tous les deux comme avant, il y en avait de moins en moins. Je mettais énormément d’énergie dans ma nouvelle vie de famille, mais en même temps ma nouvelle vie me nourrissait. Comme si j’en avais besoin. Comme si elle m’était devenue indispensable. Je ne me trouvais pas douée avec les filles, un peu plus avec Microbe peut-être, mais avec les filles c’était un vrai fiasco. Après la mésaventure du chum qui s’était retrouvé tout nu dans mon lit, Chipie avait commencé à fouiller dans mes tiroirs et à m’emprunter certains objets personnels. Ça avait commencé par une brosse à cheveux. Mon séchoir à cheveux. Ma pince à sourcils. Ma crème hydratante. Mon shampooing à 30 $. Un jour, ce furent mes bottes de cuir qui disparurent, le temps que Chipie aille au dépanneur. Je piquais des crises. Gérald tentait d’arbitrer nos conflits, avec plus ou moins de succès. J’exigeai que Gérald installe un cadenas à ma porte de garde-robes et à mon tiroir de salle de bien. Devant l’air scandalisé de Chipie qui jura sur la tête de tous les saints qu’elle n’avait jamais au grand jamais osé fouiller dans mes affaires, Gérald osa suggérer que j’exagérais peut-être un tantinet. Et cette fois, je fis mes bagages pour de bon. Et je retournai au chalet.

Cette rupture me fit très mal. J’aimais profondément Gérald. Mais jamais je ne m’entendrais avec Chipie et je le savais. Il le savait aussi, et c’est la raison pour laquelle il m’avait laissé partir. Nous n’avions pas le choix. La santé de la mère des filles ne semblait pas s’améliorer, Gérald tenait à être présent pour ses filles au risque de sacrifier sa vie de couple avec moi, même s’il m’adorait, et nous n’étions arrivés à aucune solution. Mieux valait vivre séparément.

J’avais cessé complètement de voir Gérald. Il me manquait beaucoup. Microbe aussi. J’essayais de ne pas y penser. Je me changeais les idées en redoublant d’ardeur au travail. Je passais parfois des nuits complètes, les yeux grands ouverts, à essayer de comprendre où j’avais manqué. À me demander ce que j’aurais pu faire de plus. À regretter le petit minois de Microbe.

Environ un mois s’était écoulé depuis mon départ définitif pour le chalet. Ce serait bientôt Noël. J’étais un peu nostalgique. Dehors, la tempête s’était levée. Après une longue promenade dans les sentiers de la montagne, j’avais allumé des bûches dans le foyer et je regardai les flammes en me rappelant les Noël de mon enfance.

Le téléphone sonna.

- Allô?

- Allô c’est Microbe. C’est Chipie qui a signalé ton numéro.

- C’est vrai?

- Oui. C’est parce que j’ai vraiment un gros problème.

- Quel problème, mon petit?

- Je sais pas écrire.

- Tu ne sais pas écrire? Ce n’est pas grave, mon cœur, tu apprendras à l’école l’an prochain.

- Oui mais moi je veux écrire tout de suite.

- Je vois…

- Est-ce que je peux venir à ton chalet pour que tu m’aides à écrire ma lettre au Père Noël?

- Euh… peut-être que Chipie ou Morgan pourraient t’aider?

- Je veux pas Chipie ou Morgan, je veux toi!!!

- Mais je suis très loin, tu sais. Je ne peux pas t’aider tout de suite.

- C’est pas grave, je suis arrivé!

Mais qu’est-ce qu’il racontait là! Je vis soudain une voiture devant ma fenêtre. Microbe et Chipie en descendirent, tout emmitouflés. Microbe trébucha dans la neige et Chipie l’aida à se relever. Je me demandai si je rêvais… Je leur ouvrir la porte et pris leur manteau. Microbe m’entoura les jambes de ses bras et me suivant partout. Chipie avait l’air mal à l’aise et regardait par terre. J’installai Microbe devant le foyer, avec un chocolat chaud, et m’assieds à table avec Chipie.

- Qu’est-ce qui se passe? demandai-je.

- Je suis venue m’excuser, dit-elle.

Bien sûr, s’excuser. C’est si facile de s’excuser, maintenant que ma vie de couple a pris le bord.

- Je suis venue te dire que je vais aller vivre avec tante Germaine le temps que maman guérisse. Gérald va avoir besoin de toi, au condo.

- Tu crois? demandai-je ironiquement.

- Il a gagné son procès, tu sais, le nouveau bébé. Elle s’appelle Olivia. Elle vit chez nous en garde partagée. On n’y arrive pas. Et Microbe s’ennuie tellement de toi.

Je soupirai.

- Je ne sais pas… Nous avons pris ensemble la décision de nous séparer. Je ne suis pas certaine que Gérald…

Chipie me tendit son téléphone.

- Appelle-le, conseilla-t-elle.

- Je ne sais pas quoi lui dire.

- Appelle…

Je signalai le numéro.

- Annette?

- Oui, Gérald, c’est moi.

- Annette tu me manques tellement. Je t’aime. Reviens, je t’en prie.

- Je ne peux pas, Gérald.

- Mais pourquoi pas?

- Je n’ai pas terminé d’écrire la lettre de Microbe au Père Noël!

J’éclatai de rire et il rit aussi. Je m’approchai de Microbe pour lui faire un câlin. Il me sourit.

- On arrive, dis-je à Gérald. On arrive, mon amour.

FIN

 

Congé des fêtes

Ma Boîte à plumes fera relâche pendant le congé des fêtes. Merci de me lire et Joyeuses Fêtes!

Joan xx

 

Les Enfants de mon chum (la suite)

Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.

Je me tus. Est-ce que j’étais en train de m’attacher au petit? Quand même pas… sûrement pas…

Mon portable sonna.

- Tu m’excuses une minute? demandai-je à Jasmine.

- Oui, oui.

C’était la directrice de la garderie. Gérald était impossible à joindre. Microbe avait de la fièvre et on n’arrivait pas à rejoindre sa sœur ni sa tante. Est-ce que je pouvais passer le chercher?

- J’arrive, répondis-je sans réfléchir.

Je fis signe à la serveuse d’apporter les factures et je dis à Jasmine :

- Microbe a de la fièvre. Il faut que j’y aille.

Jasmine leva les sourcils.

- C’est une blague?

- Ben non…

- T’es tombée en amour avec cet enfant.

- Pas du tout, mais je suis une adulte responsable je ne veux pas risquer qu’il contamine les autres enfants du groupe, c’est tout.

- Et tu vas en prendre soin? Tout l’après-midi?

- Ben… oui. Tu as une autre solution?

- Non, non, tu as raison, il faut à tout prix éviter de contaminer la planète. Vas-y.

- Très drôle.

- Avant que tu partes… tu ne devais pas rencontrer une candidate en entrevue aujourd’hui, toi?

- Justement…

Jasmine soupira.

- J’ai compris, je vais la rencontrer à ta place. Mais tu reviens demain. Je ne vais pas me taper tout le travail pour toi, moi. J’en ai déjà plein les bras!

- Merci, je t’adore et je te revaudrai ça.

- Allez, va-t-en, je vais payer. Sinon c’est la Galaxie au complet qui risque d’être contaminée.

Je lui remis 20 $, ramassai mon manteau à la hâte, lui déposai un bisou sur le front et sortit en courant. Direction la garderie.

Quand je me présentai à la garderie, on me demanda une pièce d’identité, puis on m’indiqua l’emplacement du local de Microbe, le local des « Coccinelles ». Je frappai à la porte. L’éducatrice ouvrit et me sourit. Le local était ensoleillé, peint en vert lime et décoré de motifs d’insectes et de fleurs. Les enfants, assis autour d’une table ronde, faisaient de la « peinture aux doigts ». Une petite avait du rouge sur le nez. Microbe ne semblait pas être là.

- C’est pour Microbe?

- Oui.

- Microbe, ta tante est arrivée.

- Euh, non, je ne suis pas la tante, je suis la conjointe… euh… de l’ex-conjoint de sa mère…

Elle fit une drôle de tête et m’indiqua un petit matelas de gymnastique, au fond de la pièce, sur lequel était étendu Microbe. Il leva la tête et me tendit les bras. J’allai vers lui.

- Mes jambes sont étourdies, dit-il d’une voix faible.

Je le soulevai dans mes bras. Il était lourd

- Viens, on rentre à la maison, dis-je en appuyant sa tête sur mon épaule.

- Où es son manteau? demandai-je à l’éducatrice qui me regardait toujours d’un drôle d’air.

- En bas, répondit-elle en me tendant ses espadrilles. En face du bureau de la directrice. Microbe va vous montrer où est son casier.

- Merci, répondis-je.

Je trouvai le casier, habillai Microbe et l’attachai dans la voiture. J’eus un moment de panique en réalisant que je n’avais toujours pas de siège d’auto, mais je décidai qu’il était plus urgent de ramener Microbe au condo. Je n’avais même pas de thermomètre à la maison. Ni de médicaments. On verrait bien. Les filles rentreraient de l’école bientôt, elles sauraient quoi faire. Je démarrai la voiture, confiante.

(la suite lundi prochain)