La princesse de son père
Publié dans Au revoir et merci papa et autres souvenirs, La Mère poule au travail à 10/12/2011 12:01 par Joan DurandMon père me manque quand je prends des décisions importantes. Même quand je n’ai aucun doute et que je sais que j’ai pris la bonne décision. Mais c’est peut-être ma mère qui m’a, sans le savoir, appris à foncer. En me montrant l’exemple. En travaillant beaucoup, en étudiant jusqu’à sa retraite, en se battant pour les causes auxquelles elle croyait, elle m’a montré à sa façon que l’indépendance financière d’une fille, c’est sa survie. Et c’est probablement pour ça que je suis si fonceuse dans ma vie professionnelle. Que je ne dépends de personne. Que je ne dois rien à personne. Je ne serai jamais aussi fonceuse qu’elle aurait souhaité, bien sûr, mais si elle ne l’avait pas été avant moi, je l’aurais été beaucoup moins. Ou en tous cas j’aurais été différente.
Mais quand même, ça me manque de ne pas pouvoir annoncer à mon père que commence un nouvel emploi. Ça me manque de ne pas l’entendre me dire « C’t’une maudite bonne job que t’as là, ma tit’ fille. » Même à mon âge. Je trouve ça fou.
- Qui c’est qu’on connaît qui travaille là? Y a-tu des anciens ministres?
Tiens, revoilà mon père qui me parle dans mes souvenirs. C’est le fun de l’entendre encore après tout ce temps.
- ‘Tention, tu vas renverser ton café, là.
Tu me fais rire, papa. J’ai beau vieillir et t’as beau ne plus être là, je resterai toujours ta princesse.