Ma fête sans toi
Publié dans Au revoir et merci papa et autres souvenirs, Chroniques - La Mère poule et ses poids plumes, La Mère poule en voyage à 02/04/2012 12:01 par Joan Durand- Ouin, ça a l’air que t’as fêté ta fête dans l’Sud, cette année?
- Ben oui. Avec Chéri et les enfants. Et Copine.
- Copine aussi?
- Oui. Elle fait partie de la famille, tu sais. Je suis contente que tu l’aies connue avant de mourir.
- Ben oui. C’t’une bonne tite fille.
- Tu dis ça parce qu’elle riait de tes blagues plates?
- Arrête donc. Pis, ça a tu ben été?
- Oui, j’ai eu toute une soirée. T’aurais dû voir ça.
- Conte-moi ça!
- Le matin on avait essayé de réserver un restaurant à la carte, mais il était trop tard alors nous sommes allés au buffet. Ce que je ne savais pas, c’est que, la veille, Chéri avait parlé à un des serveurs. Alors quand nous sommes arrivés, Roberto nous a tout de suite conduit à la plus belle table, au bord de la mer. C’était magique. Après le souper, tous les serveurs sont arrivés à notre table en chantant « Happy Birthday chica », avec un gâteau confectionné juste pour moi! Puis ils m’ont tous fait un câlin, et à un moment donné j’ai réalisé que chacun se remettait en ligne pour me donner une autre accolade et là j’ai été prise d’un fou rire incontrôlable. Eh! qu’on a ri ! Les serveurs apportaient toutes sortes de drinks, même Fistonne en a eu un, des drinks qu’on ne connaissait pas…
- Tu bois pas!
- Je le sais, c’est pour ça qu’on ne les connaissait pas. Il y en avait un que Roberto avait créé à l’époque où il était barman et pour lequel il avait gagné un prix. Un drink qui racontait l’histoire d’une fille qui voulait se marier et qui avait fini égorgée sur une roche, je ne sais plus…
- C’est joyeux, comme histoire…!
- En tous cas, ça a été une vraiment belle soirée. J’ai adoré.
- Les enfants ont pas pris un « coup », toujours? Arrange-toi pas pour qu’ils retiennent de moi, là!
- Bon non, voyons papa, il y avait très peu d’alcool dans les verres. T’inquiète pas. Et puis à un moment donné Roberto a servi à Chéri un mélange bleu avec un bâton lumineux. Tout le monde en voulait un pareil, aux autres tables, et Roberto a passé la soirée à expliquer qu’il n’avait plus de bâton lumineux, qu’il avait fait un spécial pour ma fête et c’était très drôle.
- Bon, j’ai manqué ça.
- Pas vraiment. J’ai pensé à toi toute la soirée. C’était la deuxième fois seulement, en 48 ans, que je fêtais mon anniversaire sans toi.
- Joe, commence moi pas ça, là.
- Ben non, papa, c’était correct. On a beaucoup ri.
- Il faut rire. Je veux pas que tu pleures pour moi.
T’es plus là pour m’en empêcher, papa. Mais je te jure que je ris plus souvent que je pleure, quand je pense à toi.


