Archives pour septembre, 2010

Le vaccin

Fistonne est plutôt à prendre avec des pincettes ces temps-ci. Ça va passer, je sais. J’étais pareille à son âge.

Je fais du rangement dans ma chambre quand elle entre me parler :

- Maman?

- Oui?

- J’ai dit à papa, sur msn, que j’ai eu un vaccin à l’école aujourd’hui.

- Hum hum…

- Et il m’a demandé si c’était un vaccin contre la rage.

Surtout, surtout ne pas rire, ni même sourire.

- Maman, tu penses que c’est une blague?

- Probablement.

Plus tard, en feuilletant le journal local, je tombe sur un article portant sur la nécessité d’administrer aux ratons laveurs un vaccin contre la rage, dans la région. Je devine que ledit papa était en train de lire le journal quand il a fait cette blague et qu’il ne faisait absolument pas allusion à la traversée de l’adolescence par notre fille. N’empêche, ça va rester, je pense. Dieu merci j’ai réussi à ne pas rire. Elle ne me l’aurait jamais pardonné.

 

Zed se fait faire des mèches

Salut, c’est moi le chien Zed. J’ai eu une très mauvaise journée.

D’abord la mère Poule s’est levée du mauvais pied. Je crois que c’est à cause de la succession de grand-papa Poule qui n’en finit pas de ne pas finir et aussi de l’accident de Fiston (il va bien, mais une mère Poule est une mère Poule, vous savez bien). Et quand la mère Poule ne file pas, elle sort son pinceau et son rouleau et m’attache dans le jardin, dont elle repeint la clôture. Couleur « sable blond naturel ». Ça la défoule. Ou bien alors elle change les meubles de place. Mais aujourd’hui elle a choisi la peinture.

J’ai donc décidé de rester couché bien sagement près du gros mélèze, en attendant qu’elle se calme en terminant la clôture. Puis j’ai vu un petit brin d’herbe entre mes pattes et je me suis mis à tirer. Et à tirer. Ça a fait un petit trou dans la terre. Que j’ai agrandi avec mon nez. Et avec une patte. Puis les deux pattes. Finalement, une chose en entraînant une autre, le petit trou est devenu grand et la terre a volé sur les chevilles de la mère Poule qui me tournait le dos.

Je vous laisse imaginer la tête qu’elle a faite quand elle s’est tournée vers moi. Le pinceau dans une main et le gallon de peinture dans l’autre, elle m’a rejoint à toute vitesse en criant « Non! », semant autour d’elle un million de gouttes de peinture.

Et c’est qui, vous pensez, qui s’est retrouvé avec des mèches « sable blond naturel »? Ya pas à dire, c’est une très mauvaise journée!

 

Le pompon

Fistonne : Maman, dans les règlements de l’école on nous oblige à mettre nos bottes dans notre casier. C’est stupide, j’ai pas de bottes!

Moi : Comment ça, t’as pas de bottes? Je t’ai acheté des bottes l’hiver dernier. Tu ne les porteras pas, c’est ça?

Fistonne : Ben…

Moi : Je suppose que tu ne porteras pas de tuque non plus?

Fistonne, haussant la voix et se tournant vers le chien Zed : NON JE N’EN PORTERAI SÛREMENT PAS PARCE QUE QUELQU’UN A MANGÉ LE POMPON DE MA TUQUE PRÉFÉRÉE!!!

 

Maman texto

Cette année, on a du nouveau pour la rentrée. Fiston est inscrit au programme d’Arts et technologies des médias qui se donne exclusivement à Jonquière. C’est loin, Jonquière. Et c’est cher, les interurbains. À la suggestion de Fiston, j’ai donc décidé de nous abonner à un forfait de cellulaire qui nous permet de nous envoyer des messages textes illimités.

J’ai d’abord essayé de nous abonner par Internet. La marche à suivre est très simple :

1. J’inscris mon adresse courriel et je choisis un mot de passe.

2. Le mot de passe est refusé.

3. Je choisis un autre mot de passe.

4. Il est accepté.

5. Je choisis mon forfait.

6. On me demande de verser au moins 20 $ dans mon compte, par carte de crédit, avant de choisir le forfait.

7. Je verse les 20 $.

8. Je choisis mon forfait.

9. On me demande de verser au moins 20 $ dans mon compte, par carte de crédit, avant de choisir le forfait.

Eh! Je viens de le faire! Du calme.

10. Je verse les 20 $.

11. On me dit que ma carte de crédit n’est pas valide.

Je commence à m’énerver.

12. Je reverse les 20 $ dans mon compte.

13. On me répète que ma carte de crédit n’est pas valide.
Je commence à vraiment m’énerver.

14. On ferme ma session pour des raisons de sécurité.

15. Je réinscris mon adresse courriel et mon mot de passe.

16. On me dit que j’ai le mauvais mot de passe.

J’ai le goût de hurler. Je décider de nous abonner par téléphone.

17. Une voix me donne des instructions et me demande mon mot de passe.

18. J’inscris le mot de passe sur le clavier du téléphone.

19. La voix me dit qu’elle n’a pas bien entendu.

20. Je recommence.

21. La voix répète qu’elle n’a pas bien entendu.

Je panique. J’appuie sur toutes les touches jusqu’à ce qu’on me dise qu’un préposé me répondra bientôt. Le préposé me répond et m’abonne au forfait. Je raccroche. Je décide ensuite d’abonner Fistonne au même forfait. Une heure plus tard, je n’ai toujours pas réussi et JE HURLE.

Fistonne me demande si j’ai besoin d’aide. Je lui tends le téléphone. Dix minutes plus tard, tout est réglé et elle est abonnée. Ouf… je respire.

Ça y est, je suis prête à envoyer mon premier texto à Fiston : « Salut, j’espère que les cours de Philo ne sont pas trop plates et que tu as rencontré plein de petits namis. » J’envoie la réponse à la dernière personne qui m’a appelée et qui devrait logiquement être Fiston. La réponse arrive 2 minutes plus tard : « ??? ».

C’est quoi, ça? Je vérifie l’expéditeur. Oups. Ah! oui, je me rappelle, quelqu’un avait fait un faux numéro… et c’est le faux numéro qui a reçu mon message. Ouache. Je décide de renvoyer le message, mais à Fiston cette fois. Échec. Je n’ai plus assez de minutes. Eh! C’était pas supposé être un forfait illimité!?!?!?!?!

C’est donc bien compliqué d’être une maman texto!