Le mariage de l’été

Le mariage de l’été n’a pas eu lieu à Washington. Il n’a pas coûté des millions de dollars. Le mariage de l’été n’a pas été celui de Chelsea Clinton, mais celui de M. et S. Je le sais, j’y étais.

Je venais de terminer trois semaines de fou au bureau. J’étais morte de fatigue. Je n’avais pas eu le temps de trouver une jolie manière d’arranger mes cheveux un peu longs, de vérifier si ma robe m’allait ni de magasiner une jolie paire de sandales. J’avais décidé à la dernière minute de laisser Fiston, Copine et Fistonne seuls à la maison, pour la première fois de ma vie de maman, et j’avoue que ça m’inquiétait un peu (lire « la mère poule était folle d’inquiétude »). On ne pouvait pas prendre possession de la chambre d’hôtel avant de se rendre à l’église ni de se rafraîchir après le long trajet de voiture et ma robe se froisserait probablement un peu dans les bagages.

C’est dans cet état que je suis arrivée à l’église avec Chéri pour le mariage de M. et S. Les mariés étaient déjà là, imaginez donc, ça commençait bien! On s’est dépêchés de se trouver un banc et de s’asseoir. La mariée est entrée au bras de son père, dans sa belle robe blanche. Je sais que la mariée est toujours la plus belle. Mais je vais le dire quand même : la mariée était la plus belle. Non, non, je ne parle pas de robe, de décolleté et de coiffure. Je parle d’elle. Son sourire. Ses yeux. Leur façon de se regarder, après 10 ans de vie commune, et de savoir vraiment à quoi ils disent « oui ». Ils sont eux, ils sont vrais. Ils s’aiment et ça se sentait tellement quand S. a rejoint M. qui s’avançait dans l’allée au bras de son père si fier, que j’en ai eu des frissons. Je me suis laissée emporter par le charme de la noce, le papa de la mariée qui pleurait d’émotions en serrant sa fille dans ses bras, les mariés qui parlaient de leurs parents avec affection, les grandes sœurs de la mariée qu’on sentait fières de leur petite sœur, le repas, la musique, les différentes générations qui se mêlaient dans un tourbillon de rires et de pas de danse, les mononcles charmants, les petites nièces toutes fières de leur belle robe, les adolescentes devenues des femmes en l’espace d’un été, les petits neveux qui faisaient des blagues de grands, les jeunes adultes qui voulaient absolument ou ne voulaient absolument pas attraper le bouquet de la mariée et la jarretière, les petits qui pigeaient dans l’assiette des grands, la « cousine chouchou » qui riait aux larmes de notre mésaventure avec la carte de l’hôtel (je vous raconte ça bientôt dans un prochain billet), Jeune frère qui a fait annoncer au micro que Chéri offrait sa voiture à la table gagnante d’un jeu organisé. On passait du fou rire aux larmes d’émotions et du rock and roll à la tendresse, tout ça était féérique.

Mais le plus beau de la magie du mariage de M. et S., ça a été de se laisser gagner par elle, de se sentir aussi légers que des nouveaux mariés, jeunes, libres, amoureux et fiers comme M. et S., de danser comme à 20 ou à 30 ans et de tellement se ficher de ne plus les avoir. Et de se dire « oui » en secret, nous aussi.

Merci à vous deux, félicitations et beaucoup de bonheur, toujours!

 

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