Du fond du coeur… merci

Je viens de comprendre à quoi sert Facebook. Mieux vaut tard que jamais, non? Je ne vais pas beaucoup sur mon profil Facebook. Je ne sais pas trop quoi y écrire, à vrai dire. Mais hier soir, j’ai reçu un message qui m’a beaucoup touchée. Un message d’une dame que je ne connaissais que de nom et qui a enseigné à Fiston. Comme elle enseignait une matière que Fiston aime beaucoup et qui ne lui causait pas de difficulté, je n’avais pas eu l’occasion de lui parler. Je ne l’avais pas vue, non plus, aux réunions que l’école organise pour les bulletins, parce que Fiston oublie généralement de me remettre les lettres d’information et que le courrier scolaire est envoyé chez son père qui, de son côté, oublie souvent de passer prendre son courrier à la boîte aux lettres. Facebook a permis au professeur de Fiston de me trouver et de m’envoyer un message que je garderai longtemps dans mon cœur. Un message « plein de couleurs » où elle me dit à quel point elle a aimé enseigner à Fiston, et où elle me parle, avec des mots très « vivants », de son sens de l’humour et de son ouverture d’esprit.

Le père de Fiston et moi avons tous les deux fait nos études secondaires à l’école privée. L’enseignement y était excellent, bien sûr, mais arrivés au cégep, nous avons tous les deux eu l’impression de « tomber de haut » dans la vraie vie. Nous avons tous les deux eu de la difficulté à retourner dans le vrai monde, à côtoyer des gens qui n’avaient pas été façonnés dans le moule « parfait » de l’école privée, qui n’étaient pas tous fils de médecin ou de dentiste (c’était le cas à notre époque). Et de mon côté, l’intégration à l’école privée avait été très pénible. Je manquais de confiance en moi et je m’y suis longtemps sentie très seule. L’école privée a peut-être beaucoup changé, depuis, et peut-être que nos enfants auraient aimé y étudier, à leur époque. Mais nous, les deux parents, étions décidés : nos enfants fréquenteraient l’école publique.

Pour Fiston, ça a été un succès. Fiston n’a jamais été un élève discipliné et studieux. Il a souvent oublié de noter les devoirs à faire ou d’apporter ses livres à la maison. Pour compenser, il a dû développer d’autres talents. Le charme, l’humour, la sociabilité, la facilité à communiquer avec les autres et la capacité de les écouter et de comprendre rapidement ce qu’on attend de lui, la créativité aussi. Je me trompe peut-être, mais j’ai vraiment l’impression que c’est l’école publique qui le lui a permis. Et aux deux écoles qu’il a fréquentées (la première n’offrait que les trois premières années du secondaire), le profil « Musique » offert était exceptionnel. Je n’exagère pas.

En tous cas, une chose est sûre, il a aimé l’école, malgré les difficultés. Tout au long de son parcours au secondaire, j’ai fait la connaissance de professeurs extraordinaires, pour qui Fiston était loin d’être seulement un numéro. Des professeurs qui nous ont conseillés, qui ont pris le temps de connaître Fiston, de l’encadrer et de le motiver dans les périodes difficiles (en Maths et en Sciences, entre autres).

Merci beaucoup à tous ces professeurs qui ont contribué, grâce à leur générosité et à leur sensibilité, à la réussite de mon artiste un peu lunatique, peu porté sur l’étude mais rempli de bonne volonté. Du fond du cœur, merci.

 

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