Le retour de Madame X
Publié en Au revoir et merci papa et autres souvenirs le 04/12/2010 12:01 par Joan DurandJe dois (encore!) téléphoner à la compagnie d’assurance vie de mon père qui ne m’a pas envoyé l’indemnité promise.
Je leur ai téléphoné une première fois, et ils m’ont communiqué le numéro de toutes les polices d’assurance et envoyé les demandes à remplir et à retourner avec une attestation de décès. Je leur ai téléphoné une deuxième fois pour demander quand je pouvais espérer une réponse.
- Toutes mes sympathies, Madame, nous ne savions pas que Monsieur votre père était décédé.
- Mais oui, vous le saviez, vous m’avez même envoyé des documents à remplir. Et, en plus, vous m’avez rappelée pour me demander le numéro d’assurance sociale de la bénéficiaire d’un autre défunt portant le même nom que mon père.
- Non, non, euh… je n’ai rien au dossier. Vous avez dû les envoyer au mauvais endroit.
- J’ai utilisé l’enveloppe-réponse.
- Non, non, euh… nous n’avons rien reçu. Je vais devoir vous envoyer une nouvelle demande.
J’ai reçu la nouvelle demande hier. Le nom de la bénéficiaire : Madame X. Tiens donc, quelle surprise… J’ai donc rappelé à la compagnie en question pour leur dire qu’ils se sont encore mêlés, que Madame X est bénéficiaire d’une autre police, et non de la police XYZ de mon père.
- Toutes mes sympathies, Madame, nous ne savions pas que Monsieur votre père était décédé.
Pincez-moi quelqu’un! À moins que… Et si, au lieu d’avoir attribué la mauvaise bénéficiaire à la police de mon père, on lui avait attribué la mauvaise police… Ça expliquerait pourquoi le dossier n’indique rien sur le décès. L’autre monsieur est peut-être toujours vivant?
- Écoutez, vous m’avez donné ce numéro de police en me disant qu’elle appartenait à mon père et que je devais remplir une demande d’indemnité de décès, et moi je vous appelle sans arrêt et vous ne semblez au courant de rien. Vous êtes sûr que vous m’avez donné le bon numéro de police?
- non, non, euh… Monsieur votre père est-il né le 16 avril 1942 et est-il le conjoint de Madame X?
- Il est né le 3 juillet 1937 et s’il avait une conjointe, je n’étais pas au courant.
- non, non, euh… c’est probablement une simple erreur de notre part. Tiens, je vois ici une dame V. au dossier, qui voulait une copie de la désignation de bénéficiaire. Je me demande qui c’est.
- Ça je peux vous aider. Devinez : dame V. travaille chez vous. C’est elle qui cherchait le numéro d’assurance sociale de Madame X. C’est le bordel, cette affaire-là.
- Non, non, euh… c’est une simple erreur.
Une simple erreur? La bonne nouvelle, c’est qu’au moins je n’aurai plus besoin de les rappeler!!!
- Pouvez-vous m’expliquer comment vous avez pu faire cette simple erreur à l’ère de la confidentialité absolue, où les clients ne sont plus reconnus par leur nom mais par leur numéro de ceci et numéro de cela. Parce que si j’ai bien compris, le seul point en commun de vos deux clients, c’est leur nom. Vous n’avez pas de politique de confidentialité?
- Non, non, euh… c’est un peu étonnant.
- C’est le moins qu’on puisse dire.
Bonne chance dans votre carrière, Monsieur non-non, et j’espère que vous n’avez pas envoyé vos condoléances à Madame X!