Archives pour avril, 2010

Cuisinons avec Zed

Bonjour, c’est moi, Zed le chien! Il fait beau, j’aime le printemps, je suis de bonne humeur et je suis beau! C’est pas des blagues, tout le monde me le dit : je suis un beau toutou. Paraît que c’est la nourriture qui fait la différence. La mère poule le dit tout le temps : on est ce que l’on mange! Je vais donc partager avec vous mes trucs pour bien m’alimenter.

Commençons par le déjeuner. On va vous donner un petit bol de graines sans goût. Et sans intérêt. Complétez avec un muffin aux bananes avec le papier, ou juste le papier du muffin, saupoudré de coquilles d’œufs à la coque. Un vrai délice.

Truc de pro : Faites semblant d’être fatigué et couchez-vous par terre, entre le four et le réfrigérateur. Avant leur premier café, les maîtres sont lents. Laissez-les préparer leur déjeuner au four, puis dès qu’ils se tournent vers le réfrigérateur, bondissez sans avertissement, saisissez votre part et courez le plus vite possible sans vous retourner.

Le diner doit être soutenant. Régalez-vous de racines d’arbustes ou, à défaut, de plante verte. Accompagnez le tout d’un devoir de Sciences ou d’un soulier neuf.

Truc de pro : Demandez la porte pour aller faire vos besoins. Une fois dehors, prenez votre temps. Donnez-leur la chance d’oublier que vous êtes dehors. Une fois qu’ils sont occupés à autre chose, choisissez un jeune plan de lilas, qui fleurit tôt et qui sent merveilleusement bon. Ne retournez pas sur les lieux du repas avec votre maître, surtout si vous avez dû faire un gros trou pour déraciner votre diner.

Pour souper, oubliez ce qui est déposé sur la table, ils se mettront à quatre pour vous empêcher de chaparder. Préférez plutôt les articles de salle de bain : papier de toilette, rasoir, serviette sanitaire, bouchon de bain ou de tube de pâte dentifrice. Miam!

Truc de pro : Jouez le chien indifférent, allez dans chaque pièce et trouvez LE tiroir mal fermé. Un simple coup de patte et hop! À vous les grignotines! Soyez inventifs. Le papier mouchoir ou la débarbouillette, assaisonnés de poils de brosse à dents font un repas exquis!

Bon appétit à tous!

Zed

 

Le soutien-gorge

J’entre dans le magasin de sport et je demande à la vendeuse un soutien-gorge.

La demoiselle, d’une jeunesse presqu’insolente, m’indique le présentoir.

- C’est pourquoi faire?

À votre avis, jeune fille? Sûrement pas pour tenir la gorge, en tous cas.

Je ne m’étais jamais demandé pourquoi on appelle ce vêtement « soutien-gorge ». Je peux vous garantir, qu’à mon âge, ça ne soutient pas la gorge, mais là pas du tout. D’ailleurs, à 46 ans, la gorge se tient encore toute seule. Dans quelques années, je ne sais pas (c’est pas croyable tout ce que je croyais fixe et qui descend tranquillement pas vite, d’une année à l’autre), mais pour le moment, la gorge, ça va. Elle n’a besoin d’aucun soutien.

- Je ne comprends pas votre question.

- C’est pour faire quel sport?

Tiens, c’est vrai, je suis dans un magasin de sport.

- Euh… de la marche. Euh… de la course. Un peu de course. Pas beaucoup. Euh… juste un peu, avec mon chien…

Menteuse. La vérité, c’est que je ne suis pas très sportive. Je cherche un soutien-gorge pour tous les jours, qui permet de vaincre la gravité, mais confortablement. À mon âge, je veux du soutien, mais sans les cerceaux de métal enrubannés de dentelle qui finissent par percer le tissu et vous meurtrir la peau, et qui tiennent tellement le bas que le reste ressort par en haut. Mais je ne me vois pas lui dire que je vais porter un soutien gorge de sport pour travailler. Elle va rigoler, la petite jeune!

- Vous savez, me dit-elle en réponse à mes mensonges de fille trop fière, ils sont si confortables que moi je les porte pour travailler.

Elle sourit. Menteuse elle aussi. Mais gentille et perspicace, comme on les aime. Une vraie bonne vendeuse. Et du coup, je comprends pourquoi elle est là, dans ce magasin de sport, au lieu d’être à l’école comme les jeunes de son âge. Elle est douée.

Je lui souris en retour.

- Vous avez tout compris.

 

Journée kétaine

Hier matin, Fistonne me demande si elle peut m’emprunter un vêtement.

- Lequel?

- Je sais pas, je vais regarder ça.

Elle revient avec une de mes blouses à motifs.

- C’est pas un peu grand pour toi, ça?

- Non, non, c’est parfait!

- D’accord, prends-là.

- M’rci m’man!

Je suis assez flattée. On est rendues là. Fistonne qui emprunte des vêtements à sa maman. J’espère que ça ne veut pas dire que je m’habille comme une ado… non, sûrement pas. Ça doit vouloir dire qu’on se rapproche un peu, au fond, Fistonne et moi.

Pendant qu’elle se change, je range un peu sur la table. Son agenda scolaire est grand ouvert. Il y est écrit au marqueur rose, sur la page du jour, en très grosses lettres :

JOURNÉE KÉTAINE

J’aurais dû y penser…

 

Portefeuille sur pattes

Je raccroche le téléphone. Chéri demande :

- Qui c’était?

- Fiston.

- Il avait besoin d’argent?

Il faut dire que Fiston aura bientôt 17 ans, l’âge où on considère ses parents comme des portefeuilles sur pattes.

- Non, non, il voulait rien de spécial, il s’ennuyait de moi, il a appelé juste comme ça pour prendre de mes nouvelles, placoter de tout et de rien, une petite conversation entre mère et fils, pour le plaisir!

Chéri me regarde, éberlué.

- Ben non, il voulait que je fasse le « taxi », tu sais bien.

Il rit.

- Ben quoi? Ça aurait pu arriver!