Archive du février 17th, 2010

Mon âme au diable

Nous sommes assises toutes les deux dans le noir, Fistonne dans la berceuse, moi dans le gros fauteuil. Le lampadaire, dehors, éclaire la neige et les arbres sans feuille. Nous parlons tout bas.

Moi : Je voudrais que mon père revienne.

Fistonne : Tu pourrais toujours vendre ton âme au diable.

Moi : Comment fait-on?

Fistonne : C’est peut-être pas une bonne idée, dans le fond. Grand-papa était malheureux, à la fin. Il était content que tu lui dises qu’il pouvait partir, tu t’en souviens?

Moi : Oui.

Silence.

Moi : Je voudrais lui parler au téléphone, alors.

Fistonne : As-tu essayé 1-800-PARADIS?

Moi : Non, mais j’ai essayé 1-800-ÉTOILE.

Fistonne : Ça a marché?

Moi : Non. Mais des fois je l’entends dans mon cœur. Je veux dire, j’entends les phrases qu’il me répétait souvent.

Fistonne : Oui.

Silence.

Fistonne : On est bien, hein maman?

Moi : Oui.