Archives pour février, 2010

Drôle, drôle, la Fistonne

Fistonne, à Zed qui pleurniche parce que je suis descendue au sous-sol sans lui :

- Ta gueule, Zed!

Je remonte immédiatement et la regarde, sourcils froncés :

- Pardon?!?

Elle se reprend immédiatement :

- Désolée. Ta gueule, Zed, s’il vous plaît.

Trop drôle, ma pichounette!

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Fistonne me demande timidement de la conduire au centre commercial, à 20 minutes de la maison, afin qu’elle puisse magasiner un cadeau pour une fête qui a lieu le jour même. Elle sait que j’haïs ça, magasiner à la course. Je fixe mon enseigne de « taxi » (non, j’ai pas d’enseigne de « taxi », mais je devrais!) sur le toit de la voiture (ça a un nom, ça, hein, un toit de voiture?), démarre le véhicule, et c’est parti. Fistonne soupire très fort :

- Arrête de bouger, j’arrive pas à brancher mon i-pod.

J’arrête la voiture en plein milieu de la rue (pas passante), et elle se met à rigoler. Petite comique!

 

Zed est malade

Salut, c’est moi Zed le chien.

Je suis malade. J’ai mal aux pattes. Ça fait mal et je suis malheureux. La vétérinaire craint que j’aie la maladie des Labradors, la dysplasie de la hanche. On le saura la semaine prochaine, quand la vétérinaire m’endormira pour me faire une radiographie. La mère poule était toute triste quand on est sortis de là avec nos anti-inflammatoires. Elle me voyait déjà dans ma tombe, la pauvre. Il faut dire qu’elle est du genre pessimiste. Et émotive. Et qu’elle a tendance à dramatiser.

Moi je suis brave. Et prêt à affronter les pires tortures, le scalpel et la mort s’il le faut!!! Aaaaaahhhhhh… ça y est, c’est fini, je ne pourrai plus jamais courir après les moufettes et les chaussettes, grimper sur les comptoirs pour manger les roses de St-Valentin, me rouler dans la boue, apprendre des nouveaux trucs, lécher le jambon qui refroidit sur la table… aaaaahhhhh… pauvre moi, pauvre pauvre pauvre petit Zed! Finie la belle vie, finie, la vie…

La cerise sur le sundae, c’est que la vétérinaire a dit que je suis gros. C’est pas vrai du tout, je suis pas gros. Vraiment pas. Je suis musclé. La vétérinaire a dit qu’on devra me donner des carottes en récompense au lieu des saucisses. beurk.

Bon, je crois que la mère poule et sa tendance à dramatiser déteignent un peu sur moi. Il est possible que je me sois juste étiré un petit ligament, après tout?

En attendant d’aller mieux, je me repose. Je dors toute la journée. Je me prends un petit air de chien triste. Des fois je fais une petite promenade, mais pas longtemps. Tout le monde est gentil avec moi. On me flatte, on me cajole, on me dorlote, on me console. Un peu plus, ils me laisseraient les mordre.

Bon, bien, je suis fatigué, moi. Je vais au dodo. On se revoit (euh… on s’écrit) après ma radiographie. Souhaitez-moi bonne chance et pensez à moi.

À bientôt!

Zed

 

Mon âme au diable

Nous sommes assises toutes les deux dans le noir, Fistonne dans la berceuse, moi dans le gros fauteuil. Le lampadaire, dehors, éclaire la neige et les arbres sans feuille. Nous parlons tout bas.

Moi : Je voudrais que mon père revienne.

Fistonne : Tu pourrais toujours vendre ton âme au diable.

Moi : Comment fait-on?

Fistonne : C’est peut-être pas une bonne idée, dans le fond. Grand-papa était malheureux, à la fin. Il était content que tu lui dises qu’il pouvait partir, tu t’en souviens?

Moi : Oui.

Silence.

Moi : Je voudrais lui parler au téléphone, alors.

Fistonne : As-tu essayé 1-800-PARADIS?

Moi : Non, mais j’ai essayé 1-800-ÉTOILE.

Fistonne : Ça a marché?

Moi : Non. Mais des fois je l’entends dans mon cœur. Je veux dire, j’entends les phrases qu’il me répétait souvent.

Fistonne : Oui.

Silence.

Fistonne : On est bien, hein maman?

Moi : Oui.

 

Le million

Chéri, billets de loterie en main, descend en courant l’escalier menant au sous-sol, après avoir sauté par-dessus la barrière qui bloque l’accès à Zed.

Fistonne : Où vas-tu?

Chéri, toujours aussi optimiste : Voir si on a gagné le million. Je sens que cette fois, c’est la bonne.

Moi, sur un ton monocorde (il faut dire que je manque d’entrain, ces temps-ci) : Yé, on va pouvoir s’acheter plein d’affaires.

Fistonne, avec un enthousiasme exagéré : Chouette, on va pouvoir s’acheter plein d’autres chiens!

Chéri s’arrête net dans l’escalier et lui jette un de ces regards…

Fistonne : Ben quoi, vous arrêtez pas de faire des jokes plates, vous deux, je peux bien en faire une moi aussi.

On fait ça, nous?