Archives pour janvier, 2010

Souvenirs de fou rire

Ça se passait il y a une vingtaine d’années. Maman avait fait cuire une délicieuse dinde pour Noël. La rôtissoire était un peu petite pour la volaille. Papa avait dit à maman :

- Sais-tu que dans une grosse rôtissoire, tu aurais fait une belle grosse dinde!

La « dinde » l’a trouvée pas mal drôle. C’est resté, évidemment.

***

Il y a quelques étés, nous étions réunis pour un barbecue chez papa. Il avait acheté deux grosses tartes aux fruits pour dessert. Fiston et Blondine, ma filleule, assis au bout de la table, attendaient patiemment leur part de tarte. Papa m’a alors dit, en pointant du doigt les deux ados :

- Sers donc les tartes!

Même les « tartes » ont ri. On les appelle encore comme ça, à l’occasion.

 

Dis-moi, papa

Dis-moi, papa… où es-tu? Parfois le soir, quand je marche avec Zed, je regarde le ciel et je t’imagine.

J’ai fini par y croire. C’est arrivé. Tu ne reviendras jamais. J’ai cessé d’espérer que tu téléphones. Vingt-cinq jours sans donner de tes nouvelles, tu n’avais jamais fait ça avant. Alors c’est bien vrai. Je n’attends plus de tes nouvelles, mais je te cherche partout.

Je me demande si, d’où tu es, tu vois l’Italie, et si tu as retrouvé ton ami Francesco. Tu disais parfois que tu finirais tes jours à Florence. Tu disais souvent « mi figlia », en me souriant.

Je t’imagine annexer des planètes, jumeler des étoiles, tenir des assemblées politiques au Paradis. Je suis certaine que tu es même allé faire ton petit tour en Enfer, recruter des membres pour ton parti. Tu en serais bien capable, non?

Je me dis que la pluie, ce matin, c’est sûrement toi qui fais rire le ciel aux larmes.

Et le dimanche soir, papa, je te vois faire sauter Rose et Camille sur tes genoux en leur chantant des chansons et en les chatouillant dans le cou, comme tu l’as fait si souvent avec tes autres petits-enfants.

Depuis que tu es au Paradis, je parie que les anges mangent trop, comme nous quand tu cuisinais. Chéri disait souvent qu’il devait jeûner pendant trois jours avant d’aller souper chez toi.

Tu avais promis de m’apprendre à cuisiner. On n’a pas eu le temps. Alors je me suis mise à l’œuvre toute seule. Ce n’est pas un gros succès pour le moment. J’ai toujours le réflexe de vouloir t’appeler pour te poser une question sur la recette. C’est quoi, ton nouveau numéro? 1-800-étoiles?

Tu me manques beaucoup, tu sais, mais de tout mon cœur je te souhaite de faire le plus beau des voyages. Je t’aime.

Joan xx

 

Partie de hockey bottine

Salut!

On a fait une super partie de hockey bottine avec ma balle rouge, hier soir! Dans le couloir. C’était pas facile pour moi de compter, parce que mon adversaire (la mère poule) était assise dans son but. Mais bon, j’ai fait de belles remontées et de beaux lancers. Fistonne a quand même suggéré qu’on range mes bols d’eau et de nourriture avant de commencer la partie, la prochaine fois…

J’ai quand même pas aimé me faire traiter de tricheur. Je suis pas un tricheur. Elles ont plein de règlements pas d’allure, et elles s’étonnent que je ne les respecte pas. Non mais c’est vrai, quoi! Interdit de mordre l’adversaire. Interdit de baver sur la rondelle. Interdit de déplacer les meubles. Interdit de sauter. Et pourquoi pas « interdit de jouer », tant qu’à y être?!?

Et juste comme j’allais gagner, la mère poule a changé mon but de place et déclaré que je venais de compter dans mon propre but. Et c’est elle qui me traite de tricheur… Heureusement que Fistonne, en bonne arbitre, m’a défendu!

Et j’ai gagné! Je suis un bon gros Zed hockeyeur!

À bientôt!

Zed

 

Zed et la maître-chien

Ça y est. On change de maître-chien. Je suis déçu. Je l’aimais bien, moi, notre maître-chien. Chaque fois que je faisais ce qu’on me demandait, j’avais droit à une récompense. C’était chouette. Des fois du fromage. Des fois des petits morceaux de saucisse. J’attrapais ma récompense en mordillant (ou en mordant bien comme il faut) les doigts de la mère poule, et elle n’osait pas me chicaner puisque je venais de faire quelque chose de bien! Ouais, c’était le bon temps!

Sauf qu’un jour, la mère poule a dit à la maître-chien que je la mordais, et l’autre lui a répondu de me punir en me mordant l’oreille. Croyez-le ou non, elle l’a fait. C’est sérieux, là. Un jour, je l’ai mordu un petit peu (on parle d’une petite morsure de rien du tout, ça ne saignait même pas), et là… avant que j’aie eu le temps de réagir, elle m’a mordu l’oreille! Et elle s’est mise à pleurer! C’est moi qui avait mal et c’est elle qui pleurnichait! Fistonne lui a jeté un de ces regards qui en disait long sur ce qu’elle pensait de la santé mentale de sa mère. C’est là que j’en ai profité pour lui sauter dessus (sur la mère poule, pas sur Fistonne), et là, tenez-vous bien, elle m’a mordu l’autre oreille. Eh! ben… moi qui croyais que l’homme est l’ami du chien! Fistonne est venue à ma rescousse en disant à la mère poule que toutes ses amies à qui elle avait raconté ça à l’école, avaient « ri comme des malades » et demandé si on est certain que notre dresseuse est une vraie maître-chien.

Ensuite j’ai été tranquille un bout de temps. Jusqu’à ce qu’ils me fassent castrer. Ouche! Ça méritait bien quelques morsures, ça, non? C’est alors qu’un ami a suggéré un peu plus de psychologie canine : la sauce Tabasco. Alors nous revoilà, la mère poule et moi, elle les mains dégoulinantes de sauce Tabasco, me provoquant avec des « Tu veux me mordre? Allez, mords-moi! Vas-y, mords-moi! », et moi tournant autour d’elle en essayant de la mordre tout en évitant la sauce… C’était d’un ridicule! Heureusement, Fistonne est de nouveau venue à ma rescousse en disant à la mère poule qu’elle avait l’impression d’être dans un cirque. La mère poule a arrêté net.

Et c’est là qu’elle a décidé d’engager un nouveau dresseur. Je vais le rencontrer samedi. Et d’après ce que j’ai cru comprendre, il ne rigole pas, celui-là.

C’est injuste. Quelle vie de chien!