Dis-moi, papa… où es-tu? Parfois le soir, quand je marche avec Zed, je regarde le ciel et je t’imagine.
J’ai fini par y croire. C’est arrivé. Tu ne reviendras jamais. J’ai cessé d’espérer que tu téléphones. Vingt-cinq jours sans donner de tes nouvelles, tu n’avais jamais fait ça avant. Alors c’est bien vrai. Je n’attends plus de tes nouvelles, mais je te cherche partout.
Je me demande si, d’où tu es, tu vois l’Italie, et si tu as retrouvé ton ami Francesco. Tu disais parfois que tu finirais tes jours à Florence. Tu disais souvent « mi figlia », en me souriant.
Je t’imagine annexer des planètes, jumeler des étoiles, tenir des assemblées politiques au Paradis. Je suis certaine que tu es même allé faire ton petit tour en Enfer, recruter des membres pour ton parti. Tu en serais bien capable, non?
Je me dis que la pluie, ce matin, c’est sûrement toi qui fais rire le ciel aux larmes.
Et le dimanche soir, papa, je te vois faire sauter Rose et Camille sur tes genoux en leur chantant des chansons et en les chatouillant dans le cou, comme tu l’as fait si souvent avec tes autres petits-enfants.
Depuis que tu es au Paradis, je parie que les anges mangent trop, comme nous quand tu cuisinais. Chéri disait souvent qu’il devait jeûner pendant trois jours avant d’aller souper chez toi.
Tu avais promis de m’apprendre à cuisiner. On n’a pas eu le temps. Alors je me suis mise à l’œuvre toute seule. Ce n’est pas un gros succès pour le moment. J’ai toujours le réflexe de vouloir t’appeler pour te poser une question sur la recette. C’est quoi, ton nouveau numéro? 1-800-étoiles?
Tu me manques beaucoup, tu sais, mais de tout mon cœur je te souhaite de faire le plus beau des voyages. Je t’aime.
Joan xx