Les Enfants de mon chum (la suite)
Publié en Le feuilleton du lundi le 12/14/2009 12:17 par Joan DurandSuite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.
Je me tus. Est-ce que j’étais en train de m’attacher au petit? Quand même pas… sûrement pas…
Mon portable sonna.
- Tu m’excuses une minute? demandai-je à Jasmine.
- Oui, oui.
C’était la directrice de la garderie. Gérald était impossible à joindre. Microbe avait de la fièvre et on n’arrivait pas à rejoindre sa sœur ni sa tante. Est-ce que je pouvais passer le chercher?
- J’arrive, répondis-je sans réfléchir.
Je fis signe à la serveuse d’apporter les factures et je dis à Jasmine :
- Microbe a de la fièvre. Il faut que j’y aille.
Jasmine leva les sourcils.
- C’est une blague?
- Ben non…
- T’es tombée en amour avec cet enfant.
- Pas du tout, mais je suis une adulte responsable je ne veux pas risquer qu’il contamine les autres enfants du groupe, c’est tout.
- Et tu vas en prendre soin? Tout l’après-midi?
- Ben… oui. Tu as une autre solution?
- Non, non, tu as raison, il faut à tout prix éviter de contaminer la planète. Vas-y.
- Très drôle.
- Avant que tu partes… tu ne devais pas rencontrer une candidate en entrevue aujourd’hui, toi?
- Justement…
Jasmine soupira.
- J’ai compris, je vais la rencontrer à ta place. Mais tu reviens demain. Je ne vais pas me taper tout le travail pour toi, moi. J’en ai déjà plein les bras!
- Merci, je t’adore et je te revaudrai ça.
- Allez, va-t-en, je vais payer. Sinon c’est la Galaxie au complet qui risque d’être contaminée.
Je lui remis 20 $, ramassai mon manteau à la hâte, lui déposai un bisou sur le front et sortit en courant. Direction la garderie.
Quand je me présentai à la garderie, on me demanda une pièce d’identité, puis on m’indiqua l’emplacement du local de Microbe, le local des « Coccinelles ». Je frappai à la porte. L’éducatrice ouvrit et me sourit. Le local était ensoleillé, peint en vert lime et décoré de motifs d’insectes et de fleurs. Les enfants, assis autour d’une table ronde, faisaient de la « peinture aux doigts ». Une petite avait du rouge sur le nez. Microbe ne semblait pas être là.
- C’est pour Microbe?
- Oui.
- Microbe, ta tante est arrivée.
- Euh, non, je ne suis pas la tante, je suis la conjointe… euh… de l’ex-conjoint de sa mère…
Elle fit une drôle de tête et m’indiqua un petit matelas de gymnastique, au fond de la pièce, sur lequel était étendu Microbe. Il leva la tête et me tendit les bras. J’allai vers lui.
- Mes jambes sont étourdies, dit-il d’une voix faible.
Je le soulevai dans mes bras. Il était lourd
- Viens, on rentre à la maison, dis-je en appuyant sa tête sur mon épaule.
- Où es son manteau? demandai-je à l’éducatrice qui me regardait toujours d’un drôle d’air.
- En bas, répondit-elle en me tendant ses espadrilles. En face du bureau de la directrice. Microbe va vous montrer où est son casier.
- Merci, répondis-je.
Je trouvai le casier, habillai Microbe et l’attachai dans la voiture. J’eus un moment de panique en réalisant que je n’avais toujours pas de siège d’auto, mais je décidai qu’il était plus urgent de ramener Microbe au condo. Je n’avais même pas de thermomètre à la maison. Ni de médicaments. On verrait bien. Les filles rentreraient de l’école bientôt, elles sauraient quoi faire. Je démarrai la voiture, confiante.
(la suite lundi prochain)