Les Enfants de mon chum (la suite)

Suite de Les Enfants de mon chum – Récit fictif
Toute ressemblance avec des personnes réelles est une pure coïncidence.

CHAPITRE VII – UNE NUIT MOUVEMENTÉE

Le dimanche suivant, j’offris à Chipie de border moi-même Microbe, prétextant que ce serait plus simple ainsi puisqu’il dormait dans notre chambre. La vérité, c’est que, curieusement, j’en avais envie. Les choses ne s’arrangeaient pas entre Chipie et moi, et elle évitait autant que possible de m’adresser la parole. Elle se contenta donc d’un léger signe de tête affirmatif, avant d’aller ouvrir la télé et de s’étendre sur mon beau divan de cuir blanc près de son amoureux qui avait (encore!) soupé chez nous. Je soupirai et allais lui demander de garder les pieds par terre, lorsque Microbe me tira par la manche :

- Môa je veux une histoire, môa.

Je souris. Une histoire… Je me sentais d’humeur à le faire, ce soir-là, même si de toute ma vie de femme je n’avais jamais raconté d’histoire. Il me traîna dans « notre » chambre.

- Tu veux que je te raconte l’histoire de Blanche Neige?

- Non non non, répondit-il en se donnant un élan pour sauter dans son lit, je veux pas une histoire de filles, je veux une histoire pour les garçons.

- C’est pas une histoire de filles, répliquai-je en m’assoyant au bord de son lit, il y a des garçons dans l’histoire.

Il fronça les sourcils.

- Combien de garçons?

- Euh… sept. Non, huit avec le prince Charmant. Neuf avec le chasseur.

Il écarquilla les yeux.

- Un chasseur?

- Oui.

- Avec un fusil?

- Ah! non, désolée, je ne crois pas que les fusils existaient à cette époque.

- Ben là, moi je veux une histoire avec des fusils.

Je faillis lui demander si sa mère approuverait, mais je m’abstins. Mieux valait ne pas lui faire penser à sa maman.

- Je trouve que les fusils, c’est un peu violent.

Il réfléchit un peu.

- Ah… comme à la garderie.

Fiou. Je ne connaissais aucune histoire de fusils, de toutes manières.

- Mais…

Bon, quoi encore.

- Est-ce que le Père Noël il est violent, lui? demanda-t-il.

Ah! non, pas encore des questions sur le Père Noël…

- Non, le Père Noël n’est pas violent. Il est pacifique.

- Ah… ben d’abord, le Père Noël il m’a donné des soldats avec des fusils l’autre jour, ça veut dire que les fusils sont « passéfélics »?

Ouache.

- Euh…

Qu’est-ce que j’allais bien répondre à ça.

- On dit « pacifique ».

- « pa-ssé-fi-que ».

Bon. Je changeai de sujet.

- Tu aimerais que je te chante une chanson?

Il se remit à sautiller sur le lit :

- Oui! Oui! Oui!

- D’accord. Mais avant tu dois te coucher.

- Mais je ferme pas mes yeux.

Je soupirai. Après seulement quelques minutes avec Microbe, j’étais exténuée. Mais comment faisaient donc les autres… les autres « aidantes »? Et les mamans?

- D’accord, tu peux garder les yeux ouverts.

Je lui chantai la même chanson que la veille. Quand j’eus terminé, il dormait déjà. Je le couvris jusqu’au cou avec sa doudou et allai dire bonsoir à Gérald, qui travaillait dans son bureau. Il n’était pas tard, mais j’étais fatiguée et je décidai de me coucher tôt.

Je dormais depuis longtemps lorsque j’entendis Gérald s’allonger près de moi. Sans ouvrir les yeux, je me rapprochai pour me coller contre lui. Je réalisai soudain que ça n’était pas Gérald, me réveillai en sursaut et criai à pleins poumons :

- AU SECOURS!!! QUI EST LÀ??? AU SECOURS!!!

L’homme se mit à hurler à son tour, Microbe se réveilla en pleurant et les filles arrivèrent en courant, suivies de Gérald qui ouvrit la lumière.

(La suite lundi prochain)

 

­Poursuivre la conversation...