Archives pour août, 2009

Liste des choses à faire le samedi pour une maman d’ado

1. passer à l’agence de voyages pour réserver les vacances avec Fistonne (Fiston n’est pas intéressé);

2. aider Fistonne à ouvrir une blague envoyée par une copine, sur fichier PowerPoint;

3. reconduire Fistonne chez son père qui a un PowerPoint à jour;

4. aller acheter de la crème solaire à la pharmacie;

5. nourrir les chats;

6. aller chercher l’ordi de Fiston chez le réparateur à St-Hubert et m’informer du prix d’un logiciel PowerPoint à jour;

7. passer au magasin de musique acheter des supports muraux pour les instruments de Fiston;

8. acheter des billets pour le spectacle de musique de Fiston;

9. prendre les messages sur le répondeur;

10. obtenir un horaire de pratiques de spectacle à jour pour éviter que Fiston manque sa pratique la prochaine fois;

11. rappeler le professeur de musique privé pour tenter de faire déplacer la pratique « rock » de Fiston qui est le même soir que la « fête de grand-papa »;

12. reconduire Fiston chez son père pour qu’il y prenne une couple de choses qu’il a oubliées;

13. passer à l’épicerie chercher ce qu’il faut pour le souper;

14. préparer le souper;

15. reconduire à Longueuil Fiston qui souhaite assister au spectacle de danse de Copine;
16. faire un lavage;

17. ramasser la vaisselle qui traîne;

18. vider le comptoir et mettre les matières récupérables dans le bac à récupération;

19. vider la poubelle;

20. écouter un film avec Fistonne;

21. retourner chercher Fiston à Longueuil après le spectacle;

22. prendre une douche;

23. me demander si j’ai oublié de faire quelque chose…

 

Perdita

Je suis probablement la fille dotée du pire sens de l’orientation au monde. Je n’exagère pas. Au bureau, je n’arrive pas à m’orienter, et mes collègues se moquent régulièrement de moi. Gentiment, bien sûr.

Mais oublions le bureau, je suis en vacances! Bye bye les collègues, bye bye le bureau, je pars pour le Sud avec Fistonne. Toute une semaine au soleil. Juste toutes les deux.

Après nous être installées à l’hôtel, dans notre chambre du bâtiment 14, nous nous rendons au buffet pour souper, tout près du lobby. Les choses se compliquent à la sortie. Nous avons en main le plan du site hôtelier, mais aucune de nous deux ne se souvient de l’endroit par où nous sommes entrées, et il commence à faire drôlement noir. Il faut dire que côté orientation, Fistonne est à peine plus douée que moi. Nous réussissons à retrouver le lobby de l’hôtel, mais le plan indique au moins quatre sorties et, dans la pénombre, impossible de faire correspondre les sorties sur le plan aux allées fleuries du lobby. Nous prenons allée presqu’au hasard, pensant reconnaître une fontaine.

Dieu merci, d’immenses panneaux indiquent la direction des bâtiments. Le nôtre, le 14, se trouve au Nord-Est. En route. Nous croisons un deuxième panneau, orienté différemment, qui semble indiquer que notre bâtiment se trouve dans la direction contraire. Fistonne me fait confiance et je joue la maman sûre d’elle, qui sait exactement où elle s’en va, tentant de me repérer à l’aide des panneaux, des bâtiments, des statues, des locomotives (l’hôtel est construit sur le site d’une ancienne gare). Nous marchons depuis un bon moment, nous sommes fatiguées, nous avons soif (il fait une de ces chaleurs!) et nous avons les pieds en compote.

Finalement, je pense me reconnaître et j’entraîne Fistonne sur le chemin qui, j’en suis persuadée (ou presque), mène directement au bâtiment 14, quand j’entends :

- Siñora! Siñora!

Je me retourne. Deux hommes accourent vers nous, les bras au ciel. Je ne comprends absolument rien de ce qu’ils disent, mais devine que je suis dans une zone interdite aux touristes. Je leur montre mon plan en pointant le bâtiment 14. Les hommes se regardent et rient :

- Perdita!

En rigolant, ils glissent leurs doigts sur le plan, tentant de repérer à leur tour l’emplacement de la maison. Puis l’un d’eux s’éloigne, revient au volant d’une petite voiturette sans portière et nous fais signe de monter. Fistonne et moi montons à l’avant; le deuxième homme s’installe dans la boîte à l’arrière. La voiturette fonce à toute vitesse, puis freine « sec » devant le 14. Le conducteur me pose une question que je ne comprends pas et qui finit par :

- Si?

Le bâtiment est de la bonne couleur, mais il fait de plus en plus noir et je ne reconnais pas notre entrée. Je réponds :

- No.
- No?
- No.

Il recule à toute vitesse, fait le tour de la maison et nous conduit à une deuxième entrée. Cette fois, c’est la bonne entrée. Je dis :

- Si!

Mais il ne semble pas m’entendre et continue à rouler, monte sur le gazon, et fait mine de vouloir prendre l’escalier. Je panique et je crie :

- Si! Si! Si!
- Si?
- Si! Si! Si!

Il s’arrête. Nous descendons et courons jusqu’à notre chambre, épuisées mais soulagées. Quelle aventure! La prochaine fois, je saurai le chemin, c’est certain.

Le lendemain, en revenant de la plage, je passe ENCORE tout droit à l’intersection qui mène à notre maison. Les deux hommes qui montent la garde sous un parasol se bidonnent en me regardant :

- Perdita! Perdita!

J’ai compris; je rebrousse chemin. Mais l’homme n’arrête pas de rire. Et chaque fois que je croiserai cette intersection au cours de la semaine, le garde me regardera en répétant et en riant tout seul :

- Perdita! Perdita!

Je ne me sens pas du tout dépaysée, finalement. Je me croirais au bureau!

 

Entendu à un concert de Fiston

Le concert auquel Fiston participe, à la guitare basse et aux percussions, va bientôt commencer. Je suis assise dans la salle et j’attends. Dans la rangée devant, des parents que je ne connais pas discutent de leur fils.

Elle : Je me demande s’il va gagner un prix.

Lui hausse les épaules.

Elle : Ben quoi, c’est un très bon musicien.

Lui : J’aurais préféré qu’il soit bon en Sciences. Mon collègue au bureau a deux fils ingénieurs. Lui, il a de quoi être fier!

Elle : Le collègue dont l’épouse vient de décéder?

Lui : Oui.

Elle : Et dont les fils ont fait retarder les funérailles de leur mère parce qu’ils avaient trop de travail et n’avaient pas le temps de s’y rendre?

Silence.

Elle : Ben sais-tu quoi? Toi ça ne t’arrivera jamais. Toi, ton fils sera aux funérailles de sa mère. Toi, ton fils sera à tes côtés aux pires moments de la vie. Toi ton fils a de belles qualités humaines. Et tu peux être fier de ton fils, toi. Vraiment fier. Pas ton collègue.

Un à zéro pour la musique.

 

Le pèse-personnes

Fistonne : J’aimerais ça être mince.

Moi : Tu ES mince.

Elle l’est, croyez-moi.

Fistonne : J’ai un problème de poids.

Moi : Non, tu as un problème de perception.

Fistonne : Toutes mes amies sont plus minces que moi.

Moi : Faux.

Fistonne : Je me suis pesée…

Moi : Bon, ça y est.

Fistonne : C’était écrit « Lo » sur le pèse-personnes.

Moi : Ça veut dire « Low Battery ».

Fistonne : Ouf! Je pensais que ça voulait dire « lourde »!