Archives pour juillet, 2009

La paranoïa

- C’est affreux, j’ai de la cellulite.

Chéri, expérimenté en pièges de fille, ne répond rien.

- Chéri, m’écoutes-tu? J’ai de la cellulite, regarde!

Il « risque » un coup d’œil prudent. Il sait que tout ce qu’il dira pourra être retenu contre lui pendant les 10 prochaines années.

- C’est quoi, de la cellulite?

Je lui pointe du doigt le haut de mes cuisses.

- Comment tu sais que c’est de la cellulite?

- Bien les filles au bureau m’ont expliqué que la cellulite fait des petits trous dans la peau. J’en vois ici… et là…

Chéri semble un peu perplexe. Il finit par dire :

- Si je comprends bien, tu as de la cellulite, mais seulement depuis que tu as parlé aux filles du bureau…

**************

- Je suis fière de moi, je n’ai pas bu de café depuis quatre jours.

Fiston répond :

- Bravo m’man, tu as remplacé une dépendance par une autre.

- Quoi?

Il pointe le verre de Pepsi que je tiens dans la main :

- Ben là… c’est pas pire que ta dépendance au thé glacé, jeune homme.

- Moi je l’assume, ma dépendance au thé glacé. C’est pas grave, m’man, si t’as une dépendance à la caféine, mais assume-toi.

**************

- Je les faire cuire combien de temps, les macaronis? me demande Fistonne.

- 10 minutes, pas plus. Ben des fois c’est plus long. Ou moins long. Tu goûtes et tu vois.

- T’as juste à dire que tu le sais pas, m’man.

**************

Je regarde mes trois minous qui paressent au soleil.

- Je gage que vous allez vous mettre à me faire la morale vous aussi, hein?!?!?!

Zéro réaction. Je crois que je deviens parano.

 

Le bikini – prise 2

Plus j’y pense, plus je trouve ça injuste de ne pas trouver de bikini à ma taille. J’aimerais ça pouvoir encore sentir le soleil me chauffer la bedaine et l’eau me glisser sur le dos. C’est décidé, je fais un deuxième essai. Mais dans un autre magasin.

La culotte ne pose pas problème, ils en ont de toutes les tailles, hauteurs et échancrures. Le haut, maintenant. Le modèle « triangle » est exclu (voir : Le bikini). Le modèle bandeau? Non, non ça écrabouille toute l’affaire : exclu. Le modèle « triangles soutenus par une bande large »? La vendeuse me garantit que la poitrine ne me sortira pas par en-dessous, si on attache solidement la large bande. Un vrai succès, à condition d’aimer les nouveaux bourrelets créés par la bande trop serrée : exclu.

Je risque une demande spéciale :

- Vous n’auriez pas un modèle avec des cerceaux, quelque chose qui offre un bon soutien?

- Mais bien sûr, répond-t-elle en me tendant le modèle en question, celui-là est notre meilleur vendeur. Il met la poitrine en valeur.

Je l’essaie.

- C’est très joli, s’exclame-t-elle, quand je sors de la cabine pour lui montrer le désastre.

Il y a tellement de bourrures là-dedans que j’ai pratiquement les seins dans le front.

- C’est la mode des poitrines plantureuses, ajoute la vendeuse.

Je soupire :

- Je suis déjà à la mode. Ce que je veux, moi, c’est quelque chose qui va « soutenir » la mode. Je cherche quelque chose qui ressemble à un vrai soutien-gorge.

- Voulez-vous voir nos maillots une pièce?

Je lui fais une de ces paires d’yeux.

- Nous avons bien un modèle rétro, de marque maison…

Un modèle rétro!!! »/$%?&*()_+!!! On se calme, la pré-ménopausée. C’est juste une vendeuse un peu maladroite.

La coupable m’apporte justement le modèle honteux. Cerceaux offrant un bon soutien. Culotte garçonne cache-cellulite. Bretelles larges. Je l’essaie.

Le « deux pièces rétro » est parfait. Rien qui pend ou qui déborde. Mais la madame n’est pas contente. La madame n’aime pas ce qu’elle voit. La madame voudrait retrouver son corps d’il y a 25 ans.

Ah! oui, vraiment? Je m’en souviens de ce corps là! Et aussi de la tête qui l’accompagnait. La jeune femme fragile, insécure, angoissée, manipulable et manipulée, qui ne savait pas qui elle était, ce qu’elle voulait ni ce qu’elle allait faire de sa vie. D’ailleurs, en fouillant dans mes souvenirs, je la revois essayer des maillots et, ma foi, je dirais que la madame d’il y a 25 ans n’était pas plus contente qu’aujourd’hui.

Bon, ça va, j’ai compris. Je garde le corps de 2009. Je m’entends trop bien avec la tête qui vient avec. Et je prends le maillot, tiens. C’est décidé. J’assume mon look de pré-ménopausée. Je suis guérie! Finis, les complexes!

Euh… je décide d’acheter aussi un « une pièce », pour les rechutes…