Les top modèles
Publié en Chroniques - La Mère poule et ses poids plumes le 07/25/2009 12:01 par Joan DurandJe vous vois venir, là. Vous pensez que je vais me payer une petite séance de « bitchage » contre les belles jeunes modèles sexy qui nous font sentir trop ceci et pas assez cela… eh! bien non. Aujourd’hui, les « top modèles », c’est nous, Chéri et moi. Je m’explique.
Quand Chéri a acheté sa voiture neuve, celle qui a donné des frissons à Fiston et pas à moi (voir : Manque d’hormones), le concessionnaire lui a fait un cadeau : une séance de photographie dans un studio haut de gamme de Montréal et une photo gratuite.
Nous nous rendons donc au studio, Chéri et moi, dans la voiture neuve « capotée » (ici, le terme « capotée » a le sens de « voiture décapotable dont on n’a pas baissé le capot pour éviter que le vent décoiffe les cheveux de la Madame – qui a passé deux heures à essayer de leur donner un look naturel).
Nous entrons dans l’immense loft, timidement. Euh… non, non, pas Chéri, seulement moi. Chéri est tout-à-fait à son aise. J’ai à peine un pied dans le studio qu’il en a déjà fait le tour, a commenté le décor et les photos affichées, fait la connaissance de tout le monde et est en grande conversation avec le photographe.
L’assistante explique que les photos seront un peu retouchées. Je demande (évidemment) :
- Allez-vous effacer les bourrelets?
Désolée, je n’ai pas pu m’empêcher. Oui je sais, je suis sensée m’assumer. Appelons ça une petite rechute.
On s’installe pour les photos.
- Que fais-tu dans tes loisirs, me demande le photographe.
- J’écris beaucoup.
- Elle a un blogue sur Internet, ajoute Chéri. Vous irez voir ça : www.maboiteaplumes.com.
Je ris.
- C’est moi la mémère du couple, explique-t-il en s’assoyant près de moi dans l’escalier blanc qui servira de décor.
- On ne s’en doutait pas du tout, lui répond l’assistante du tac au tac.
Je suis prise d’un fou rire, je balance la tête par en arrière et j’entends les clic clic de l’appareil photo. La séance est commencée.
On change de pose. Moi, à l’horizontale, appuyée sur une seule fesse, en équilibre sur un coude posé sur la cuisse de Chéri, la tête un peu tournée vers lui, mais pas trop, un peu plus, comme ça c’est parfait. Clic clic. Vite, je ne tiendrai pas longtemps dans cette position. Clic clic. Assise maintenant. Les jambes ramenées vers moi (ouche, plus facile à dire qu’à faire). Chéri, qui continue à jaser, ne semble pas avoir de problème de souplesse.
- Et tu parles de quoi, sur ton blogue?
- J’ai un projet de roman. Et aussi je raconte un peu mes aventures avec mes ados, mes amies, mes voisins, ça dépend.
Clic clic.
- Et les voisins, ils ne disent rien?
- Ils ne savent pas que j’ai un blogue.
Chéri grimace.
- N’est-ce pas Chéri que les voisins ne savent pas que j’ai un blogue…?
Nouveau fou rire. Clic clic. Clic clic.
C’est génial, cette séance de photos. On s’amuse comme des enfants.
Une semaine plus tard, nous retournons voir le résultat. Et les prix (re-ouche). Là je comprends le sens de l’expression « photos haut de gamme ». Je les prendrais toutes, si j’étais riche. Les photos de fou rire sont époustouflantes.
Le photographe vient nous saluer :
- Bonjour, les « top modèles ».
Mais le plus beau, la plus belle surprise, c’est que le photographe a réussi à figer sur pellicule ce que j’aime le plus de nous deux : le plaisir qu’on a à être ensemble.