Allumette rédige son testament

Allumette, chatte abyssin et chef de meute, rédige son testament en présence de Coquine, la chatte vache, de Spike, la petite chatte noire étourdie et de Zed, le chiot Labrador de la famille.

Allumette : Article 1. Je nomme le chien Zed mon liquidateur de succession.

Coquine : Eh! Comment ça?!? C’est moi le successeur au trône! Je devrais être nommée liquidatrice, non?

Spike : Pourquoi lui? Il est encore plus idiot que moi!

Zed : Qui, moi? Liquidateur, moi? Qu’est-ce que je liquide?

Allumette : Du calme, tout le monde. Tu liquides une succession, Zed.

Zed : Ça se mange, ça?

Coquine : (gros soupir) On voit bien qu’il est trop stupide pour liquider ta succession. Le privilège me revient de droit.

Allumette : On se calme, mes amis chattes. Zed est le seul d’entre vous qui obéit. Je veux confier cette tâche à un animal obéissant. Je tiens à ce que mes dernières volontés soient respectées à la lettre.

Coquine : Ouais bien je te conseille de lui léguer des saucisses si tu veux qu’il obéisse! C’est un estomac sur pattes, ce chien. Pas de friandise, pas d’obéissance.

Allumette : J’y ai pensé, t’inquiète pas.

Zed et Spike : Oui, oui, des saucisses!

Coquine : (très gros soupir)

Allumette : Article 2. Je lègue tous mes coussins à parts égales entre mes deux sœurs, Coquine et Spike.

Coquine : Comment ça, à parts égales? Tu oublies tous les services que je t’ai rendus depuis ta naissance? T’étais si chétive que t’arrivais même pas à te hisser jusqu’au bol de nourriture. Il fallait que je miaule jusqu’à ce que la mère poule te donne à manger. Sans moi, tu serais morte de faim. Et qui a veillé sur toi quand tu es tombée derrière le chauffe-eau? Et quand tu t’es perdue et que tu es revenue en pleine nuit, qui a réveillé la mère poule pour qu’elle t’ouvre la porte? Et quand tu as eu la leucémie, qui t’a toujours laissée manger la première?

Allumette : Es-tu en train de me dire que tu as fait tout ça dans l’espoir d’hériter un jour de mes coussins?

Coquine : Non, mais tu pourrais être reconnaissante, au moins…

Allumette : C’est vrai que tu as beaucoup fait pour moi quand nous étions jeunes, mais le testament n’a rien à voir avec ma reconnaissance envers toi.

Coquine : Zed, tu ne vas quand même pas respecter un testament aussi injuste!

Zed : Grand-papa poule disait que les dernières volontés, c’est sacré.

Spike : Moi qui croyais qu’il était interdit de « sacrer » dans cette maison…

Coquine : Ce testament est immoral, tu ne dois pas le respecter mon vieux Zed. N’oublie pas qu’une fois Allumette partie, c’est moi qui serai chef de meute. Je pourrais te nuire…

Zed : Grand-papa poule disait que les dernières volontés, c’est sacré. Pourquoi t’en prends-tu à moi? Règle tes problèmes avec Allumette pendant qu’elle est en vie.

Coquine : Spike, tu pourrais renoncer aux coussins, par respect pour moi. N’oublie pas qu’une fois Allumette partie, c’est moi qui serai chef de meute. Je pourrais te nuire…

Spike : J’ai rien à voir là-dedans, moi. Arrange-toi avec Allumette.

Coquine : Gardez-les, vos coussins, je m’en fiche et je n’en veux pas! Tu aimes Spike et Zed plus que moi!

Allumette : Mon testament n’a rien à voir avec l’amour. Tu confonds tout, comme les humains.

Coquine : Le partage est déraisonnable. Zed, je te déteste.

Zed : Moi je suis seulement liquidateur. J’ai trop de chagrin, là. Pourquoi est-ce que tu m’en veux, dis?

Allumette : Bon, ça suffit. On biffe l’article 2 et on remplace par : Je veux qu’on m’enterre avec tous mes biens, comme les pharaons. Voilà. C’est réglé. La séance est levée.

 

Aux nostalgiques des Enfants de mon chum

J’ai mis fin à l’écriture du roman parce que mon cœur et ma tête, submergés d’émotions contradictoires, n’entendaient plus mes personnages.

Ce matin, j’ai eu une belle surprise. Dans le tapage de toutes les voix de mon présent et de mon passé, dans le chaos de mes souvenirs et de mes peurs pour l’avenir, j’ai entendu en sourdine la voix de Microbe.

Ça m’a donné l’espoir que tout le petit monde des Enfants de mon chum reprenne vie un jour, peut-être bientôt. Qui sait ce que me réserve l’avenir?

 

Zed a un nouvel ami

Bonjour, c’est moi, Zed le chien!

J’ai une bonne nouvelle : nous avons commencé les cours de dressage avec le nouveau maître chien.

Comme d’habitude, ma maman avait mal noté l’adresse, alors nous nous sommes retrouvés au mauvais endroit et sommes arrivés en retard chez mon nouvel ami. J’ai pas dit un mot, moi, pauvre petit bébé chien coincé entre deux sièges de voiture, mais je commençais à m’impatienter. Enfin…

J’ai adoré ma visite chez mon nouvel ami. Tellement qu’ils ont dû passer un petit coup de vadrouille humide sur le plancher… oups!

Pendant que je m’amusais avec des balles et que je mangeais des friandises, mes parents ont appris plein de choses. D’abord, ils doivent toujours prononcer mon nom sur un ton joyeux (en prenant un petit air gaga, vous voyez ce que je veux dire). Je me tords de rire chaque fois! Et il est interdit de me mordre les oreilles.

Moi, on m’a appris à obéir aux commandes même si elles sont ridicules, sauf si je veux un petit coup sec avec le collier pour me gratter le cou. Plus personne ne va essayer de m’étrangler ni me monter dessus comme si j’étais un lutteur de sumo, yé! C’est qu’ils sont lourds, hein!

J’ai aussi appris que j’ai le contrôle du volume de la voix de mes parents. Si je veux qu’ils parlent tout bas, je désobéis, et si je veux qu’ils parlent fort, je fais un truc gentil. C’est simple comme bonjour!

Mon nouvel ami a dit que j’étais sociable, curieux, gourmand (ben quoi?) et pas rancunier ni peureux. Pour ma part, je l’ai trouvé très bien dressé. Si mes parents font tous leurs exercices chaque jour, ils devraient devenir aussi bons que lui!

Au prochain cours, on va me demander de marcher au pied, à gauche. Bon, ça on s’en fiche parce que de toutes manières je fais semblant que je ne comprends rien, je marche où je veux, et j’attends qu’ils m’offrent un morceau de saucisse avant d’obéir, ça marche à tout coup! J’aime ça, moi, la saucisse!

Je vous tiendrai au courant de nos progrès chez mon nouvel ami, promis!

À très bientôt!

Zed xx

 

Souvenirs de fou rire

Ça se passait il y a une vingtaine d’années. Maman avait fait cuire une délicieuse dinde pour Noël. La rôtissoire était un peu petite pour la volaille. Papa avait dit à maman :

- Sais-tu que dans une grosse rôtissoire, tu aurais fait une belle grosse dinde!

La « dinde » l’a trouvée pas mal drôle. C’est resté, évidemment.

***

Il y a quelques étés, nous étions réunis pour un barbecue chez papa. Il avait acheté deux grosses tartes aux fruits pour dessert. Fiston et Blondine, ma filleule, assis au bout de la table, attendaient patiemment leur part de tarte. Papa m’a alors dit, en pointant du doigt les deux ados :

- Sers donc les tartes!

Même les « tartes » ont ri. On les appelle encore comme ça, à l’occasion.